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 « Dans ce monde largement pourri, c'est une chance, presque un luxe, de pouvoir compter sur quelqu'un. »

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Boris J. Turner
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MessageSujet: « Dans ce monde largement pourri, c'est une chance, presque un luxe, de pouvoir compter sur quelqu'un. »   Mar 14 Juin - 0:21

« Dans ce monde largement pourri, c'est une chance, presque un luxe, de pouvoir compter sur quelqu'un. »


Kaya Skye Owens & Boris Joan Turner




Tell everybody I’m on my way. New friends and new places to see... ♬

Je chantonnais cet air mythique tout en m’habillant. Jean troué, t-shirt simple blanc, veste en cuir, basket. Tenue basique. C’était la rentrée. Je me retrouvais surveillant dans cette académie de San Francisco pour la deuxième année consécutive. Et la première avait été assez catastrophique… Je m’étais bêtement épris d’une jeune femme que je ne connaissais à peine. Marilyn. Ok, ce n’était pas qu’une « jeune femme ». En réalité, c’était une élève. J’avais un don pour m’attirer les pires crasses imaginables. Enfin bon, c’était du passé. Elle était partie je-ne-sais où, et nous avions coupé les ponts. Après quelques baisers « accidentels », nous nous étions perdus de vie. Intentionnellement. J’avais fini par me persuader que ce serait beaucoup mieux pour nous. Pour elle surtout. J’avais mis quelques temps à oublier son visage d’ange, la douceur de ses lèvres, le bleu de ses yeux... Mais j’y étais finalement arrivé.
    - Oli, je file !
    - D’acc. Reviens vivant !
    - J’vais essayer. Comment tu ferais pour manger sinon…

Olivier, c’était mon colocataire. Et meilleur ami. Nous étions inséparables depuis plusieurs années. Années que je me refusais à compter. Nous nous étions rencontrés à l’université. Il n’y a pas si longtemps que ça en fait. Mais en quelques années nous avions vécu beaucoup plus de choses que n’importe quelles autres personnes en dix ans. Un duo inséparable, inépuisable, et vraiment vraiment exaspérant. Mais bon, on n’a qu’une vie, alors autant en profiter. Même si, on ne me le répètera jamais assez, j’avais une façon assez spéciale d’en profiter, parfois. J’étais accro. A la drogue, la vraie, la dure. On ne faisait que me répéter que ça me détruirait. Ils avaient raison. Je le savais. Mais c’était trop tard. Enfin… « Ils » c’était Oli. Seul lui était au courant en fait. Je n’avais vraiment pas besoin d’un Oli numéro deux pour me faire la morale chaque fois qu’on me retrouverait allongé par terre, le regard vide, une seringue plantée dans le bras. De toute façon, il savait bien qu’il ne pouvait rien faire d’autre que de me râler dessus, inlassablement. Une fois qu’on y a goûté, c’est foutu. C’est à vie. Vous pourrez faire toutes les cures que vous voudrez, vous replongerez de toute manière. Enfin… moi, c’était différent. J’avais un passé assez difficile. Qui me rattrapait à chaque fois. Je n’en parlais jamais. Enfin, le passé n’excuse rien. J’avais besoin de ça. C’est tout.

Je claquai la porte de l’appartement, priant pour qu’Oli ne fasse pas de connerie en mon absence, et me dirigea vers le parking. J’ouvris la portière de ma vieille voiture, et me laissa tomber sur le siège en cuir. Elle avait bien dix ans cette voiture. Elle sentait le tabac. L’ancien. La menthe. Des brûlures décoraient les sièges. Je ne prenais pas vraiment soin de cette voiture à vrai dire… Il faudrait que je m’en achète une autre. Il faudrait, oui. Mais bon, je n’avais pas l’argent. Et puis, même si je l’avais, je m’achèterais plutôt une guitare. Ou un ampli. Un synthé, ou une batterie… Enfin. C’est bien beau de rêvé, mais cet argent, je ne l’aurais jamais. Surveillant, ça ne paye pas vraiment. Et Oli qui continuait de croire qu’il allait gagner sa vie à rien foutre, avec sa musique… Il était persuadé qu’un jour un producteur nous remarquerait, et qu’on signerait. Qu’on monterait un groupe, qu’on deviendrait riches et célèbres. J’avais beau lui répéter que nous n’aurions jamais cette chance, je me surprenais parfois à rêver à cette possibilité. Oli au synthé, avec ses mixages de pro, et moi au chant et à la gratte… Ha. Mais bon. Pour l’instant je n’étais qu’un simple surveillant. Un surveillant sacrément en retard d’ailleurs… Boah de toute façon, si on y réfléchissait bien, je n’avais que très rarement été à l’heure l’année dernière. Et ça ne m’avait jamais attiré d’emmerdes. Il faut dire que le directeur était assez spécial. Mais je l’aimais bien. Il avait une personnalité bien à lui, avec son humour noir, grinçant. Mais bon, je ne resterais pas une journée entière avec. Les nerfs risqueraient de prendre cher…

Je me garais sur le parking. L’appartement était à 15minutes de l’académie. Pratique.
Je claquai la porte et me dirigea d’un pas léger vers le secrétariat. Deux-trois papiers à récupérer. La cours était bondée d’élèves. Il-y-avait quelques visages familier parmi cette foule, d’autres complètement inconnus, mais pas forcément nouveaux. Il faut dire que dans cette prestigieuse académie, le nombre d’élèves atteignait jusqu’à 5 000. Allez vous retrouver dans cette masse !
Une fois les papiers en poche, je retournais dehors. Je sortis mon paquet de tabac de ma poche, et alla me rouler une clope dans un coin reculé de la cours, assis sur des marches. J’avais besoin d’être seul, avant de devoir ré-affronter la foule. J’allumai l’extrémité de la cigarette, et aspira un long coup. J’expirais la fumée, le menton relevé, la tête posée contre le mur, observant le ciel bleu. La pluie d’Angleterre me manquait parfois. Les drapeaux avec l’Union Jack à chaque coin de rue me manquaient. Je chassais cette mélancolie native, me rappelant les raisons de ma venue en Amérique. Soudain, un mouvement attira mon attention. Une silhouette se dirigeait vers moi. Une jeune femme. Mince, grande, brune. Les yeux marron. Soulignés de crayon noir. Des taches de rousseur parsemaient son visage fin. Ses lèvres fines s’étirèrent en un petit sourire poli lorsqu’elle s’approcha de moi.
    - T’as pas du feu ?

Elle se planta devant moi, et plongea ses yeux dans les miens. Pas très polie, cette petite. Je lui tendis mon briquet sans un mot, lui rendant un mince sourire. Elle n’était pas de ces filles super canon, qui portent des talons hauts et des pantalons moulants, mais elle était plutôt jolie. Elle avait un certain charme. La jeune fille prit mon briquet, et alluma sa cigarette, pour me le rendre ensuite. Au lieu de s’en aller, elle resta plantée devant moi, tirant de grandes bouffées sur sa cigarette.
    - T’es nouvelle ici ?

Lançais-je d’un ton détaché. On passe le temps comme on peut. Même si cette jeune fille n’avait pas vraiment l’air d’être d’un genre très bavard. Enfin, peut-être que si. Les apparences sont parfois trompeuses.

- - - - - - - - - - - - - - - - -

    « Et alors il s’est passé quelque chose.
    Je me suis laissé aller, dans un total oubli
    de moi-même, envahi par la nuit, le silence,
    et la plénitude. J’avais trouvé la liberté.
    Perdre tout espoir, c’était ça la liberté. »

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Kaya S. Owens

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MessageSujet: Re: « Dans ce monde largement pourri, c'est une chance, presque un luxe, de pouvoir compter sur quelqu'un. »   Mar 14 Juin - 15:27

Where’s the quarterback from the high school football team?


Ça, c’était une bonne question. Une excellente, même. On avait beau chercher, les mecs canons et aussi baraqués que les footballeurs américains, ça ne courrait pas les rues. Mais peu importe. Lorsque le bruit désagréable du réveil monta aux oreilles de Kaya, elle ne put s’empêcher de pousser un gémissement plaintif. Dans un effort surhumain, elle parvint à sortir une main de sous sa couette afin de donner un grand coup sur l’écran du réveil. Celui-ci était déjà fissuré à plusieurs endroits, signe de maltraitance que lui donnait sa propriétaire. A vrai dire, Kaya était agacée par tout et n’importe quoi. Il suffisait à peine d’un geste, ou d’une parole, pour qu’elle pète des câbles monstrueux. C’est ce qu’en langage courant on appelle un caractère de merde.

La jeune femme prit une profonde inspiration avant de pousser violemment les draps qui l’a couvrait. La journée commençait mal, très mal. Elle se demandait encore ce qu’elle foutait là, dans une « prestigieuse académie ». Rien que le titre, ça lui donnait des nausées. Elle n’avait jamais apprécié les études. Enfin, sur le coup, elle n’avait pas eu d’autres choix, puisque ses abrutis de parents lui avaient clairement forcé la main pour atterrir à San Francisco. Bien que le climat et le paysage ne fussent pas des plus dégueulasses, elle sentait d’avance les emmerdes lui arriver sur le coin du nez. A commencer par aujourd’hui, lorsqu’elle sécherait les cours. Parce que oui, il ne fallait pas rêver, elle n’allait pas suivre tout les cours de cette foutue université. Même si elle était loin d’être une branleuse, elle n’avait tout simplement pas envie de se faire chier à apprendre pour rien. Dès qu’elle le pourrait, elle s’était juré de partir le plus loin possible. Et elle y arriverait à coup sûr. Mais enfin, pour l’instant, le principal, c’était quand même d’arriver à temps devant la porte de sa future fraternité. L’académie lui avait offert une chambre, en attendant que tout soit prêt pour elle et les autres dans le bâtiment des Sigma Alpha Psi. Une fois réveillée, elle partit en direction de la douche, histoire de se sentir propre. Parce qu’il fallait quand même le reconnaître, Kaya était bourrée de manies en tout genre, parfois agaçante pour les autres, mais absolument vitales pour elle. Une fois lavée, elle se dirigea vers sa valise, qu’elle ouvrit sans la moindre délicatesse. Bon, c’était quoi la tenue la plus appropriée ? Après une seconde d’intense réflexion, elle lâcha haussa les épaules. Et puis merde. Elle n’allait pas se faire chier, en tout cas pas pour les beaux yeux de ses futurs colocataires. La jeune fille sortit un jeans déchiré de part en part, puis un t-shirt noir avec des espèces de motifs argentés dessus. Elle enfila ensuite une paire de converse noires, simples. Il n’était pas question qu’elle mette des talons monstrueusement hauts pour plaire à la galerie. Et enfin, sa veste en cuir fétiche, clouté sur les manches. Une fois la tenue enfilée, elle se redirigea vers la salle de bain, afin de mettre une légère touche de maquillage. Après un dernier coup de crayon noir sous ses yeux, et par un miracle, elle était prête à sortir de sa minuscule chambre d’étudiante. Elle saisit son sac sans beaucoup d’enthousiasme et claqua la porte derrière elle. Au moins, avec tout le bruit qu’elle faisait, elle ne passait pas inaperçue.

Le premier choc de la journée eu lieu à ce moment précis : le parking, qui était désert la veille, grouillait de monde. Un peu comme une ruche et ses abeilles. Un long soupir lui échappa. Décidément, elle n’allait pas se plaire ici. Il y avait beaucoup trop de monde, et c’était beaucoup trop grand, elle allait finir par se perdre dans les couloirs. En plus, elle avait vraiment envie d’une cigarette. En fait, c’était même plus qu’une simple envie : elle allait commettre un meurtre si elle ne s’en fumait pas une, là, tout de suite. Heureusement qu’elle avait pensé à prendre un paquet. Kaya le saisit d’une main, et se dépêcha d’ouvrir le paquet encore neuf. Le seul problème, c’était sans doute le fait qu’elle avait oublié de prendre un briquet. Elle s’insulta intérieurement et parcourut la cour des yeux : personne n’avait de cigarette dans la bouche. Elle était maudite. Elle commença alors à marcher, histoire de se calmer. Au bout de cinq minutes, elle aperçu un mec qui fumait dans un coin reculé. Finalement, elle avait peut-être un peu de chance. D’un pas décidé, elle s’avança dans sa direction. Une fois à la hauteur du type, Kaya se planta devant lui, plongeant ses yeux dans les siens, un minuscule petit sourire sur les lèvres, les mains sur les hanches.

    T’as pas du feu ?


Tant pis pour la politesse, elle avait trop besoin de fumer pour penser aux bonnes manières (même si, à vrai dire, elle s’en foutait royalement d’être polie ou non). Par chance, l’homme lui tendit son briquet. Elle avait trouvé son sauveur du jour ! Une fois sa cigarette allumée, elle s’empressa de lui rendre son briquet, et enfin, enfin ! Elle pu savourer sa première clope de la journée.

    T’es nouvelle ici ?


Elle était tellement heureuse qu’elle en avait oublié le type devant lequel elle s’était plantée. Il lui avait posé une simple question, d’un ton détaché. Kaya haussa les épaules.

    Malheureusement.


Bon, la réponse était rapide. Mais c’était la vérité. Elle aurait largement préféré être ailleurs à cet instant présent. Ce n’était pas son choix de vivre ici, ni de faire des études, d’ailleurs. Mais maintenant, elle devait subir. Un an… C’était long. Elle allait devoir prendre sur elle pour ne pas craquer. La jeune femme fixa le type attentivement. Il devait sûrement avoir la trentaine, si ce n’est pas plus. Mais, il avait l’air… Sympa. Mouais, bon. Kaya était encore dans les vapes, elle se faisait sûrement des idées.

    Et toi, t’es quand même pas étudiant, si ?


Au risque de se ridiculiser, elle voulait satisfaire sa curiosité. Et puis, au moins, elle s’ennuyait moins pendant qu’elle fumait. A première vue, il devait soit être étudiant, soit prof. Ou alors... Il faisait parti de l'extérieur de l'académie, quelque chose dans le genre en tout cas. Au bout de deux minutes, elle s'assit tranquillement en face de lui, par terre. Elle se foutait de savoir si ses fringues allaient être sales ou non. Là, elle était juste bien. Elle n'avait plus ses géniteurs sur le dos depuis qu'elle était arrivée, et ça, c'était une bonne chose. En revanche, elle s'inquiétait pas mal pour Tyler et Jaret. Aucunes nouvelles d'eux depuis son départ, il y a deux jours. Kaya priait intérieurement pour qu'il ne leur arrive rien. Elle avait peur. Non pas pour elle, elle s'en foutait, maintenant, elle était en sécurité. Mais maintenant, elle n'avait plus de contrôle sur Tyler. Si personne ne faisait attention, il pourrait faire une overdose... Oh non, ça, c'était sa hantise. Avec son histoire, elle aurait dû détester ses frères, mais elle les aimait plus que tout. Et elle se battrait toute sa vie pour qu'il ne leur arrive rien de mal. C'est alors qu'elle plongea dans ses pensées. Oui... Si elle se faisait virer de cet endroit, elle pourrait sûrement retourner en Caroline du Nord, et être de nouveau avec ses frères. Elle ne pouvait pas laisser Jaret surveiller Tyler, il était trop jeune ! Et, c'était elle l'aînée, c'était à elle de faire attention. Enfin, dans la logique, ça aurait du être ses parents, mais puisqu'ils pensaient qu'il était bien comme ça... Elle ne pouvait rien y faire. C'est alors qu'elle leva les yeux vers l'homme. S'il était là, c'était qu'il faisait parti du campus. Et puis, il avait l'air de connaître les lieux... Donc il n'était pas nouveau. Kaya tira une nouvelle fois sur sa cigarette, avant de le regarder, l'air un peu vague.


    Dis... Tu connaîtrais pas le meilleur moyen de se faire virer d'ici ? Désolé de te poser la question, mais j'ai vraiment besoin de savoir. C'est vital, pour moi.
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Boris J. Turner
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MessageSujet: Re: « Dans ce monde largement pourri, c'est une chance, presque un luxe, de pouvoir compter sur quelqu'un. »   Mer 15 Juin - 0:22

    - Malheureusement.

Malheureusement ? Elle n’était pas heureuse d’être ici ? Cette académie délivrait une éducation hors-normes, mais elle n’était pas heureuse d’ici être… ? Bah, ça devait être de son âge ça. Plus tard elle regrettera sûrement de ne pas en avoir profité. Si seulement j’avais continué mes études, au lieu de me lancer à corps perdu dans la musique… Je n’en serais sûrement pas là aujourd’hui, à surveiller des élèves qui n’ont plus l’âge à être surveiller. Surveillant, c’était le métier de l’avenir !
    - Et toi, t’es quand même pas étudiant, si ?
    - Ahh non. J’ai passé l’âge ! Non, je suis surveillant. Beau métier…

Répondis-je, avec une pointe d’ironie dans ma voix. Non franchement, des tonnes de métiers s’ouvraient à moi. J’avais un talent dans la musique. J’avais une voix que les gens qualifiaient d’ « extraordinaire » alors, pourquoi je me gâchais à faire ce métier ? Pourquoi ne pas aller vers d’autres horizons plutôt que de revenir sur les traces de mon passé, l’école ? J’avais sûrement trop peur de l’avenir pour pouvoir me lancer dans le noir comme ça.

J’aspirai une dernière taffe sur ma cigarette, et l’écrasa par terre, de la pointe des pieds. J’avais envie d’en prendre une deuxième… Mon paquet de tabac pesait soudain lourd dans ma poche, comme pour m’inciter à le prendre. En réalité, ce n’était pas vraiment de tabac que j’avais envie – ou plutôt, besoin - mais d’une bonne dose à m’injecter dans l’avant-bras. N’ayant pas de seringue à portée de main, et n’étant pas seul, je me contentais de sortir une autre cigarette de mon paquet, sachant pertinemment que j’en prendrais une troisième dès la seconde où j’aurais terminé la deuxième. Addiction, quand tu nous tiens.
    - Dis... Tu ne connaîtrais pas le meilleur moyen de se faire virer d'ici ? Désolé de te poser la question, mais j'ai vraiment besoin de savoir. C'est vital, pour moi.

    - Vital ? ça doit vraiment l’être pour que tu demandes ça à un surveillant. Mon rôle c’est d’éviter que les élèves fassent des conneries tu sais. Pas les inciter à en faire. Même si je fais mon boulot de façon vraiment merdique, au point que je me demande comment ça se fait qu’on ne m’ait pas encore viré, je préfère ne pas te répondre. Question de principe, tu vois.

Tout en parlant, ma main s’était faufilée vers ma poche, à la recherche d’un peu de réconfort. De nicotine. Oh et puis merde, à quoi bon luter ? J’allumai pour la troisième fois en moins de dix minutes l’extrémité de ma cigarette. Aller, c’était la dernière. Après, j’irais faire mon boulot. Je m’étais juré de le faire d’une manière plus sérieuse. Le nombre de conneries que j’avais pu faire l’année dernière… Plus que certains élèves, à vrai dire. Combien de fois le directeur m’avait surpris avec un bédot dans la main, accompagné d’un élève… Mais il ne disait rien. Il devait vraiment bien m’aimer, car il en avait viré plus d’un pour moins que ça. Qu’avais-je de si spécial ? Peut-être ma franchise. En effet, je ne ratai jamais une occasion de l’envoyer chier, lui dire clairement que ses méthodes, je les trouvais nulles à chier. Il avait sûrement besoin de quelqu’un qui casse la routine dans son équipe, et pas de lèches-culs hypocrites. Il devait être masochiste, je ne voyais pas d’autres explications…

Je reportais mon attention sur la jeune femme. Elle s’était assise par terre, face à moi. Son visage resta de marbre face à mon refus. Elle devait s’en douter. Comme si un surveillant, ou même un professeur, allait pistonner un élève sur les conneries à faire… Enfin, une personne normale ne le ferait pas. Et normal, je ne l’avais jamais été. Surement que dans quelques mois, ou quelques semaines, si elle me le demandait à nouveau, je l’aiderais. Histoire de casser la routine, de tuer l’ennui. J’étais vraiment un surveillant merdique. Mais bon, plus on est fou, plus on rit.

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    « Et alors il s’est passé quelque chose.
    Je me suis laissé aller, dans un total oubli
    de moi-même, envahi par la nuit, le silence,
    et la plénitude. J’avais trouvé la liberté.
    Perdre tout espoir, c’était ça la liberté. »

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MessageSujet: Re: « Dans ce monde largement pourri, c'est une chance, presque un luxe, de pouvoir compter sur quelqu'un. »   Mer 15 Juin - 1:09

    Ahh non. J’ai passé l’âge ! Non, je suis surveillant. Beau métier…
    Je compatis. Ce doit être fantastique.



Ca, c’était sortit tout seul. Même si Kaya n’avait pas un super sens de l’humour, elle adorait l’ironie, et tout ce qui tournait autour de l’humour noir. Plus c’était trash, mieux c’était. Enfin, bon, là… Ce n’était pas vraiment drôle. Mais en fin de compte, elle n’y était pour rien. Elle regarda à nouveau l’homme. Alors comme ça, il était surveillant… ? Elle qui le pensait prof, c’était complètement loupé. Après quelques instants, elle se demandait s’il allait répondre à sa question. Et, d’ailleurs, elle ne regrettait pas du tout de la lui avoir posée, surveillant, ou non.

    Vital ? ça doit vraiment l’être pour que tu demandes ça à un surveillant. Mon rôle c’est d’éviter que les élèves fassent des conneries tu sais. Pas les inciter à en faire. Même si je fais mon boulot de façon vraiment merdique, au point que je me demande comment ça se fait qu’on ne m’ait pas encore viré, je préfère ne pas te répondre. Question de principe, tu vois.



Un long et bruyant soupir s’échappa de sa bouche. Dans un sens, c’était normal qu’il refuse de le lui dire. Mais merde… Si elle ne trouvait pas de moyen rapidement, et même si elle savait que Jaret ne laisserait pas Tyler sans surveillance, elle voulait quand même être auprès d’eux. Et puis, peu importe le moyen après tout, elle finirait par y arriver. Sauf que là, un coup de pouce ne lui aurait pas fait de mal, surtout le coup de pouce d’un surveillant… Peut-être que si elle lui racontait l’histoire depuis le début, il l’aiderait ? Kaya n’était pas franchement douée pour parler aux gens, et elle ne supportait pas trop l’idée qu’on connaisse son histoire merdique. Mais si c’était vraiment nécessaire, elle était prête à tout dire, de a à z. Depuis la mort de ses grands-parents, elle n’avait plus vraiment de famille. Même si ses géniteurs étaient là, ils se foutaient royalement d’elle. Ils la connaissaient à peine. Son père n’avait servit qu’à lui donner des coups, ses dernières années. Et sa mère… N’en parlons pas. La seule véritable famille qui lui restait, c’était eux… Et elle ne voulait pas prendre de risque, surtout vu l’addiction dangereuse de Tyler. De plus, elle n’osait imaginer si Jaret tombait dedans… Elle ne survivrait pas. Alors oui, il fallait qu’elle trouve un moyen de partir d’ici le plus vite possible. Peu importe les conséquences ! Kaya prit une profonde inspiration, et écrasa sa clope sur le sol. Elle s’assit en tailleur, les mains posées sur ses baskets. Elle leva les yeux vers le surveillant, puis ouvrit la bouche… Et la referma. OK, c’était plus dur que prévu. Mais il fallait qu’elle le fasse, elle n’avait pas le choix. Et s’il refusait encore… Bah, elle trouverait un moyen, de toute façon.


    Je comprends tout à fait. Mais quand je dis vital, ce n’est pas vraiment pour des raisons simples comme, par exemple, le fait de ne pas faire d’étude. De toute façon, je n’ai même pas eu le choix de venir ici. En fait, c’était soit ici, soit un camp de redressement. Non pas que je suis détraquée, hein, mais… Oh, et puis merde !


Elle commençait à stresser. Elle avait la mâchoire serrée, et ses mains semblaient souffrir de spasmes. Kaya prit une autre inspiration. Bon dieu, le pauvre mec… Elle allait sûrement plus l’emmerder qu’autre chose, mais tant pis.

    Mes parents m’ont rejetée dès ma naissance. Pourquoi ? Ah, bah, parce que je suis une fille. Mais bref, on s’en fiche. Un an après ma naissance, ma génitrice à mit au monde un autre enfant, Tyler, soit, mon frère. C’était le petit roi à la maison, tandis que moi, j’étais la merde de service, tout ça à cause de mon sexe faible, tu vois. Donc, pendant qu’on s’occupait beaucoup de Tyler, moi, j’étais dans mon coin. En fait, c’est à peine si on se préoccupait de moi, j’étais là sans être là, pour eux. Bref. Quatre ans plus tard, j’ai eu un autre frère, Jaret. Tout allait bien, c’était les petits anges de la maison, ils avaient tout ce qu’ils voulaient, ils faisaient ce qu’ils voulaient… Mais bref. Les seules personnes qui se sont plus ou moins occupé de moi, ce sont mes grands-parents. Ils vivaient à trois heures de route de chez moi, donc ils faisaient ce qu’ils pouvaient. Donc, j’ai grandis dans l’ombre de mes deux petits frères. J’avais hâte de grandir et de partir loin de ce trou à rat. Sauf qu’à 14 ans, quand mes grands-parents sont morts, ça a été le choc. J’avais plus vraiment de famille. Enfin, presque, puisque même si mes frères ont toujours eu plus que moi, ils ont toujours été adorable avec moi. Re-bref. Plus j’ai grandis, plus l’ambiance est devenue insupportable chez moi. Mon géniteur à commencer à me battre quand l’envie lui en prenait, et personne ne lui disait rien, à part mes frères. Sauf qu’ils n’étaient pratiquement jamais là quand il le faisait. Alors, j’ai commencé à fuguer. Puis j’ai enchaîné avec l’alcool, la drogue et le sexe aussi, à cause de mauvaises fréquentations. A chaque fois que je devais revenir chez moi, je me prenais des coups pas possibles. Je suis rentré dans une certaine addiction… Puis j’ai décidé de prendre mon courage, et de tout arrêter. Je suis devenue plus clean. Malheureusement, deux ans plus tard, c’est Tyler qui est tombé dans la drogue. Il n’arrive pas à s’en sortir. Et, bien évidemment, mes parents ne lui disent rien, comme si c’était super bien pour lui. Re, re, bref. Ils m’ont forcé à venir ici, comme je te l’ai dis. Et, du coup, il n’y a plus que Jaret pour surveiller que Tyler ne fasse pas d’overdose. Sauf qu’il n’a que 16 ans, et si je ne trouve pas un moyen de me barrer au plus vite de cet endroit, j’ai peur que Tyler crève, et que Jaret tombe lui aussi là dedans. En gros, je te demande ce service à cause d’eux. Même si j’arrive bien à comprendre que tu ne veuilles pas.


Elle était essoufflée. Jamais elle n’avait parlé aussi vite de sa vie. Et, d’ailleurs, il devait la prendre pour une folle. Tant pis ! Au moins, c’était dit. Enfin… Ce qu’elle ne disait pas, c’était qu’elle se sentait mal, maintenant. La jeune fille baissa les yeux après avoir fini de parler, et hésite un quart de seconde à prendre une autre cigarette… Sauf qu’elle n’avait pas envie de lui redemander son briquet. Non, là, elle avait plus envie de partir en courant. Kaya fixa ses genoux, histoire de cacher sa gêne, et sa soudaine envie de pleurer qui ne lui ressemblait pas. Elle aurait dû s’excuser auprès de lui, cette histoire ne le concernait pas, et elle ne voulait pas qu’il puisse rentrer dedans. Sauf qu’elle avait lâché cette histoire qu’elle n’avait jamais osé raconter à personne. Qu’est ce qu’elle pouvait être conne, parfois…Raconter ça à un surveillant, qui plus est. Il devait sûrement avoir d’autres problèmes, ils n’avaient pas besoin des siens.
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MessageSujet: Re: « Dans ce monde largement pourri, c'est une chance, presque un luxe, de pouvoir compter sur quelqu'un. »   Mer 15 Juin - 11:56

    - Je comprends tout à fait. Mais quand je dis vital, ce n’est pas vraiment pour des raisons simples comme, par exemple, le fait de ne pas faire d’étude. De toute façon, je n’ai même pas eu le choix de venir ici. En fait, c’était soit ici, soit un camp de redressement. Non pas que je suis détraquée, hein, mais… Oh, et puis merde !

Je l’interrogeais du regard, un peu perdu. Alors comme ça, elle était du genre… rebelle ? Ca changeait bien des petites nones d’ici. Ou des allumeuses.
La jeune femme, dont je ne connaissais toujours pas le nom, commença à se torturer les mains. Elle prit une longue inspiration et se lança dans un long récit de son enfance. Mon dieu, pourquoi toutes les jolies filles que je rencontrais ici se mettaient toutes à me raconter leur enfance… ? J’avais une tête de psy ou quoi… Elles devaient juste avoir un besoin de se confier. Même si là, elle essayait plutôt de me convaincre de l’aider. Soit en inventant une histoire affreuse, soit, et j’espérais que ce soit la première hypothèse, elle avait vraiment vécu ça.

Ses parents l’avaient rejeté dès qu’elle ait poussé son premier cri. Dès qu’ils avaient découverts qu’elle était une fille, en réalité. Un an après, sa mère accoucha d’un fils. Elle avait sûrement passé l’année à essayer de faire un enfant. Un garçon. Il fût le roi de la maison. Et elle, rien. Qu’elle s’estime heureuse que ses parents ne la frappent pas, et ne lui fassent pas faire des pires trucs imaginables… Enfin. C’était tout de même affreux de se faire rejeter ainsi, pour quelque chose dont nous n’avions rien pu faire, que nous ne pouvions changer. Quelques années plus tard, elle eut un autre frère. J’imaginais le soulagement de ses parents. « Après le brouillon, le chef-d’œuvre. » Ou plutôt, les chefs-d’œuvre. Mon visage se décomposa lorsqu’elle se mit à parler de ses problèmes de drogues. Non mais ils tombaient dedans de plus en plus jeunes… Sex, drug’s and rock’n’roll. Voilà son adolescence. Et ben c’était du propre ! Ok j’avais eu la même adolescence… Mais voilà. Heureusement, elle s’en était tirée. Son frère était tombé dedans aussi, c’est pour ça qu’elle devait retourner chez elle, avant qu’il ne crève. Qu’il ne crève de la connerie de ses parents de le laisser plonger là-dedans. Ils étaient tellement absorbés par le bonheur de leurs fils qu’ils en oubliaient le danger… Désespérant. C’est dingue le nombre de parents indignes qu’il-y-avait dans ce monde. Moi qui pensais que j’étais sûrement une des seules personnes à avoir des parents aussi ignobles que les miens, je venais de me rendre compte qu’il était loin d’en être ainsi. Un père qui vous bat jour et nuit, inlassablement, jusqu’à vous laisser inconscient sur le sol gorgé de sang, et une mère qui est indifférente… Oui, il-y-avait pire. C’était dur à imaginer, mais il-y-avait bien pire.
    - Je vois. C’est courageux de ta part de tout balancer comme ça, à un inconnu. Mais ne le refait pas. Ça pourrait t’attirer des emmerdes, tu sais. Parfois, il n’y a pas meilleure armure que le silence. Pour en revenir à ton problème… Les techniques ne manquent pas pour se faire virer. Il suffit de lire le règlement, et de faire exactement le contraire, point par point. Après si tu veux être sûre de te faire virée dans les mois, voir les semaines à venir… Je doute que le directeur aime que ses élèves sèchent les cours. Ça pourrait tâcher la belle image de l’académie. Encore plus si c’est pour aller fumer des choses pas nettes, ou picoler. Et se fringuer comme une punk aussi, il n’apprécierait sûrement pas. Ça commencerait par un avertissement, des heures de colles, pour finir, si vraiment il en a marre, par un renvoi. Le truc c’est qu’il n’y a jamais eu d’élèves virés ici. Du moins, pas de ma connaissance. Je ne sais pas si c’est parce que les élèves d’ici sont tous des toutous bien dressés ou s’il fait passer ça sous silence, mais il n’y a jamais eu un renvoi dans toute l’histoire de l’académie. Alors tu vas avoir du fil à retordre. Lis le règlement, et fais le contraire de chaque point. Tout en prenant bien soin de te faire choper à chaque fois. Tu risques de bien t’amuser plus. Fis-je avec un petit rire. Enfin… Si on oublie les heures passées en colle.

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    « Et alors il s’est passé quelque chose.
    Je me suis laissé aller, dans un total oubli
    de moi-même, envahi par la nuit, le silence,
    et la plénitude. J’avais trouvé la liberté.
    Perdre tout espoir, c’était ça la liberté. »

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Kaya S. Owens

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MessageSujet: Re: « Dans ce monde largement pourri, c'est une chance, presque un luxe, de pouvoir compter sur quelqu'un. »   Mer 15 Juin - 13:31

Kaya se sentait mal. Très mal. Elle n’avait jamais osé dire à personne sa véritable histoire. En fait, elle s’était contentée de mentir toute sa vie. Les fois où son père lui donnait des coups un peu trop fort, et qu’elle avait des marques sur le corps, elle inventait une histoire à dormir debout, et les gens y croyaient. C’était tellement simple de se cacher derrière des excuses. C’était tellement simple de faire comme si tout allait bien, alors qu’au plus profond, on est rongé par un mal être terrifiant. Elle avait souvent peur de rentrer chez elle. Tyler et Jaret rentraient toujours plus tard qu’elle, et elle savait que son géniteur serait là. Elle s’estimait toutefois heureuse de ne pas s’être fait violée par lui. Enfin, après tout ce qu’on lui avait fait alors qu’elle n’avait rien demandé, c’était quand même… Normal. L’homme dont elle n’avait même pas demandé le nom, lui raconta que ça allait être difficile de sortir d’ici. Bon dieu, c’était une prison ? Non, bien pire. Elle allait sûrement faire des trucs inimaginables. Ça allait être compliqué, mais elle le ferait, pour ses frères. Elle était la seule à pouvoir les sauvés. Et, une chose était certaine, elle ne laisserait pas Tyler crever pour de la merde.

    C’est la première fois que je raconte mon histoire. Même mes amis ne la connaissent pas. Et, t’en fais pas, je n’ai pas l’intention de la redire à nouveau. J’ai bien compris que ça allait être compliqué de se faire virer d’ici. Mais je suis prête à tout faire. Ce sont mes frères. Et si par malheur Tyler crevait… Je ne m’en remettrais pas. Faut que je sorte d’ici. Alors, je suis prête à devenir la première personne à s’être fait virer d’ici. Tant pis pour les heures de colles, après tout, ce ne sera jamais pire que ce que j’ai pu vivre en vingt ans. Je n’ai qu’une obsession, celle de sauver Tyler et de protéger Jaret de cette merde qu’est la drogue. Ah, et, au fait, merci. Je ne suis pas toujours dû genre hyper polie et à faire des manières, mais… Merci de m’avoir écouté. Je pensais quand même que je serai soulagée de raconter cette histoire… Mais en fin de compte, c’est pareil.


Ça devait être la première fois de sa vie que Kaya était sincère. C’était tellement bizarre. Ce type, c’était un parfait inconnu. Et maintenant, cet inconnu connaissait son histoire. Elle n’aurait rien dû dire. Mais c’était fait, bien qu’elle ne se sente toujours pas soulagée. Après tout, elle ne le serait peut-être jamais. Une chose était certaine : elle allait réussir. Elle ferait tout pour s’attirer les pires ennuis de la terre. Kaya était du genre rebelle, elle n’avait absolument pas peur de ce genre d’ennuis. Après tout, elle avait vécu pire. Elle était parvenue à arrêter la drogue et l’alcool. Et même si là, elle allait sûrement devoir se faire chopper en train de consommer des substances illicites, elle ne replongerait pas. La jeune fille déplia ses jambes qui étaient engourdies, et fit un mince sourire vers le surveillant.

    Au fait, moi c’est Kaya. Kaya Owens.


Histoire qu’il puisse mettre un nom sur un visage. Et puis, si ses conneries lui arrivaient jusqu’aux oreilles, il saurait qui elle était. Kaya était bien décidée à marquer l’histoire de ce campus. Puis, en fait, elle ne s’était pas trompée, il était sympa. Très sympa. Un autre type l’aurait rembarré, en lui disant qu’il se foutait de son histoire. Mais il ne l’avait pas fait. Lui, il l’avait écouté. Et rien que pour ça, elle lui en était reconnaissante. Elle n’avait jamais ressenti ça pour personne, c’était bien la première fois. Jamais elle n’avait éprouvé un brin de reconnaissance, jamais. Ca changeait un peu des habitudes. Un petit sourire s’était formé sur son visage. Elle commençait à avoir pas mal d’idées pour son renvoi. Et une chose était certaine : elle allait bien s’éclater.

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Boris J. Turner
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MessageSujet: Re: « Dans ce monde largement pourri, c'est une chance, presque un luxe, de pouvoir compter sur quelqu'un. »   Mer 15 Juin - 18:36

    - C’est la première fois que je raconte mon histoire. Même mes amis ne la connaissent pas. Et, t’en fais pas, je n’ai pas l’intention de la redire à nouveau. J’ai bien compris que ça allait être compliqué de se faire virer d’ici. Mais je suis prête à tout faire. Ce sont mes frères. Et si par malheur Tyler crevait… Je ne m’en remettrais pas. Faut que je sorte d’ici. Alors, je suis prête à devenir la première personne à s’être fait virer d’ici. Tant pis pour les heures de colles, après tout, ce ne sera jamais pire que ce que j’ai pu vivre en vingt ans. Je n’ai qu’une obsession, celle de sauver Tyler et de protéger Jaret de cette merde qu’est la drogue. Ah, et, au fait, merci. Je ne suis pas toujours dû genre hyper polie et à faire des manières, mais… Merci de m’avoir écouté. Je pensais quand même que je serai soulagée de raconter cette histoire… Mais en fin de compte, c’est pareil.

    - De rien. Si je peux t’être utile, c’est avec plaisir. J’espère de tout cœur que tu y arriveras.
    Je marquai une pause. Mon dieu, je n’en reviens pas de dire ça. Faut vraiment que j’me trouve un autre boulot ! En tout cas, j’espère que tu as bien réfléchis. Tes frères sont assez grands, ils savent se gérer, quand même. Tu ne vas pas passer ta vie à t’occuper d’eux. Vis pour toi aussi. On a dû te dire qu'il fallait réussir dans la vie. Moi je te dis qu'il faut vivre, c'est la plus grande réussite du monde.

Je lui lançais un mince sourire, auquel elle répondit. Elle me plaisait bien cette petite, en fin de compte. Enfin… Non, pas comme Marilyn m’avait plu. Non, je la trouvais juste intéressante. Elle avait l’air d’avoir une bonne personnalité. Elle ira loin. Et j’étais curieux de savoir où elle irait. Espérons qu’elle n’irait pas n’importe où, dans le noir… Elle méritait d’avoir un bel avenir, après avoir vécu un enfer comme ça. Elle méritait vraiment de connaitre le bonheur, le vrai. Pas le bonheur artificiel qu’apporte la drogue, ou l’alcool. Un copain, un appart’, et pourquoi pas, un jour, des gosses. Elle méritait plus que quiconque de connaitre ça.
    - Au fait, moi c’est Kaya. Kaya Owens.
    - Boris Turner. Enchanté.

J'aurais un nom à mettre sur les pires crasses que l'académie aura connu. Kaya… Joli nom. Peu commun. Au moins ses parents n’avaient pas été sadiques au point de lui donner un nom à chier, bien vieux. Enfin cela dit, ils avaient sûrement choisit « Kaya » pour leur image. Histoire qu’on ne les regarde pas trop de travers. Oh et puis de toute façon, ça ne me regardait pas. Pourquoi je m’interrogeais sur ça… Des parents indignes restaient des parents indignes. Je n’avais pas à les juger. Ils avaient fait leurs choix, avec leurs raisons.
La sonnerie stridente de l’académie me tira de mes pensées. Putain, il faudrait vraiment la changer celle-là, elle fait vraiment vieille école… Et putain, ça crève les tympans ! Je portai mon regard sur Kaya. Elle ne bougeait pas, me fixant. Ah d’accord…
    - Je suppose que tu ne vas pas aller en cours ?

Question stupide. Bien sûr que non. Son plan commençait aujourd’hui, maintenant. Elle serait l’élève fantôme. N’assisterait à aucun cours. Là, c’est sûr qu’elle serait virée. Et vite. Peut-être que je l’y aiderais. Peut-être. Sûrement, en fait. J’avais envie qu’elle ait ce qu’elle voulait dans la vie. Si c’était retourner auprès de ses frères qu’elle souhaitait, alors je l’y aiderais. Les études, c’était secondaire. Le bonheur, la famille, et les amis comptaient bien plus. Au fond, les études, ce n’est que du temps perdu. Un cancéreux en face terminal regrettera-t-il de ne pas avoir fait d’études ? Non. Il regrettera surtout ne pas avoir profité pleinement de sa vie, et d’avoir fait plaisir à ceux qu’il aimait.

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    « Et alors il s’est passé quelque chose.
    Je me suis laissé aller, dans un total oubli
    de moi-même, envahi par la nuit, le silence,
    et la plénitude. J’avais trouvé la liberté.
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MessageSujet: Re: « Dans ce monde largement pourri, c'est une chance, presque un luxe, de pouvoir compter sur quelqu'un. »   Mer 15 Juin - 19:16

    De rien. Si je peux t’être utile, c’est avec plaisir. J’espère de tout cœur que tu y arriveras. Mon dieu, je n’en reviens pas de dire ça. Faut vraiment que j’me trouve un autre boulot ! En tout cas, j’espère que tu as bien réfléchis. Tes frères sont assez grands, ils savent se gérer, quand même. Tu ne vas pas passer ta vie à t’occuper d’eux. Vis pour toi aussi. On a dû te dire qu'il fallait réussir dans la vie. Moi je te dis qu'il faut vivre, c'est la plus grande réussite du monde.


Kaya sourit. Et avec un vrai sourire, pas un faux qu’on fait par pur politesse. Ca devait faire des années qu’elle n’avait pas sourit sincèrement. Décidément, tout changeait, dans ce monde…

    Au moins, t’as le mérite d’être un surveillant qui n’a pas une pierre à la place du cœur. J’apprécie. Et puis, tu sais… Mes frères, c’est ma seule famille. A part ça, je peux me considérer comme orpheline. Je sais bien qu’ils savent se gérer… Quoique, Tyler à beau avoir dix-neuf ans, c’est un gros gamin. Puis Jaret, lui, il n’en a que seize. Il n’a aucune expérience, rien. Ils pourraient faire les pires conneries, mes géniteurs ne bougeraient pas, vu qu’ils pensent que tout est bien pour eux. Alors tant pis. J’accepte de sacrifier ma vie pour eux, si cela peut leur être utile à tout les deux.


Il fallait qu’elle les couve, qu’elle fasse attention à eux. Dans le fond, ils étaient fragiles. Fragiles d’avoir été trop gâté et surprotéger. Ils ne savaient pas vraiment ce que c’était de souffrir. Et elle voulait qu’ils puissent vivre sans connaître la douleur qu’elle avait ressentit, et qu’elle ressentait toujours, au fond d’elle-même. Elle était persuadé qu’elle n’arriverait jamais à être heureuse un jour. En fait, elle ne savait pas ce que c’était. Dans son esprit, le bonheur n’était que pure utopie. Elle leva les yeux vers le surveillant, son petit sourire pendu au visage. C’est qu’en fait... Il était pas mal. Il avait peut-être la trentaine, mais il ne faisait pas vieux du tout. De plus, sa sympathie et la personnalité qu’il semblait avoir lui faisait doubler son charme. Un mec comme ça devait déjà être marié. Quoique, il ne semblait pas avoir de bague à l’annulaire gauche… Ou alors il n’avait qu’une copine. C’était probable. Très, même.

    Boris Turner. Enchanté.


Boris Turner… Voilà maintenant que Kaya avait un nom à mettre sur son visage. Elle ne s’était pas trompée. Ce mec était super sympa. Même si elle n’aurait jamais dû lui raconter son histoire comme ça, sans le connaître. En fait, elle n’aurait jamais dû rien dire à personne. De plus, à l’avenir, il allait falloir qu’elle évite de trop s’approcher de lui. Elle ne voulait surement pas qu’il perdre son boulot pour elle. Après tout, Kaya était débrouillarde, elle savait parfaitement ce qu’elle faisait. Soudain, une sonnerie suraigüe retentit dans la cour. Ah ! L’appelle des premiers cours… Parfait. Son opération commando commençait maintenant. Même si, vu que c’était les premiers cours de l’année, personne ne ferait trop de chichis pour une absence.

    Je suppose que tu ne vas pas aller en cours ?


Un grand –ou plutôt immense- sourire apparut sur son visage. Oh que non, elle n’allait pas y aller. Puis, franchement, voir des cons de profs coincés du cul... Non merci. Elle irait peut-être à un ou deux cours, histoire qu’elle ne crève pas idiote. En fait, elle voulait juste savoir comment ça se passait, rien de plus, rien de moins. Elle plongea ses yeux bruns dans ceux du dénommé « Boris », son nouveau sauveur.

    Tu as tout compris ! Je vais passer l’après-midi à glander, dans le campus, histoire qu’on me remarque bien. Ou, peut-être pas. En fait, je ne sais pas ce que je vais faire.


Kaya haussa vaguement les épaules. Elle ne connaissait ni le campus, ni les gens, ni San Francisco… Ca allait être génial de se perdre. Sa main glissa jusqu’à la poche de son jean, pour attraper son portable. En voyant qu’elle n’avait pas de message, elle soupira. Jaret, Jaret, Jaret… Pourquoi est-ce qu’il voulait lui taper sur les nerfs, comme ça ? Et s’il était arrivé quelque chose à Tyler… ? La jeune femme secoua vivement la tête. Non, non. Il ne fallait pas y penser. Elle releva la tête vers le surveillant. Même avec le soleil dans les yeux, elle le trouvait pas mal…Kaya secoua la tête à nouveau. Ce n’était pas le moment de penser à ça. En plus, il devait avoir dix ans de plus qu’elle. Dix petites années…

    Eh, t’as beaucoup de boulot, là ? Si t’as rien à faire, je t’invite à prendre un café. Personne ne me remarquera en fait, c’est que la première journée. Donc, tu ne risques pas de perdre ton boulot. Enfin, c’est qu’une proposition. Tu peux aussi m’envoyer chier.


Elle sourit à sa dernière phrase. Ah, humour de merde, quand tu décides de nous tenir… D’un geste, elle se dressa sur ses jambes, fixant le surveillant qui était toujours dans la même position.
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Boris J. Turner
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MessageSujet: Re: « Dans ce monde largement pourri, c'est une chance, presque un luxe, de pouvoir compter sur quelqu'un. »   Mer 15 Juin - 20:34

    - Tu as tout compris ! Je vais passer l’après-midi à glander, dans le campus, histoire qu’on me remarque bien. Ou, peut-être pas. En fait, je ne sais pas ce que je vais faire. Elle marqua une pause. Eh, t’as beaucoup de boulot, là ? Si t’as rien à faire, je t’invite à prendre un café. Personne ne me remarquera en fait, c’est que la première journée. Donc, tu ne risques pas de perdre ton boulot. Enfin, c’est qu’une proposition. Tu peux aussi m’envoyer chier.

    - Non non, je ne vais pas t’envoyer chier. Fis-je avec un petit sourire. A vrai dire, je n’ai pas mieux à faire. Donc va pour un café !


A ces mots, je me levai. Je me postai face à elle, lui tendit une main qu’elle saisit, et l’aida à se lever. Je lâchai sa main quelques secondes après, comme à regret, et la guidait vers la sortie. Bien que la sonnerie ait retentit, les élèves ne semblaient pas pressés d’aller en cours. Et nombre d’entre eux avaient une mine perdue sur le visage. Problème de salles, sans aucun doute. L’académie était tellement… titanesque ! Même moi, un an après être arrivé, j’avais encore du mal à me repérer. A vrai dire, je n’avais pas vraiment besoin de situer les salles. Je restai la plupart du temps dans la cours, ou dans les salles d’études, à surveiller les colles. Quoi de plus intéressant ?
J’amenai Kaya dans un petit café que j’avais l’habitude de fréquenter. Pour de grandes ou petites occasions. Ou tout simplement pour le plaisir de boire quelque chose de chaud. J’entendais café, ou… Vodka. Eh oui, en plus de la drogue, j’étais un gros buveur. Pas alcoolique. Juste fêtard avec un peu d’excès. Je saluai de la tête le barman, avec qui j’avais discuté de nombreuses fois, et guidais Kaya vers une table près d’une fenêtre. Je m’assis, et m’étirais. Une vague de fatigue me submergea. La chaleur de la pièce et l’odeur de café avait quelque chose de rassurant, et m’endormait… Je n’avais pas beaucoup dormit cette nuit, alors j’avais bien besoin d’une bonne dose de caféine. Sans quoi je n’allais pas tenir plus de deux heures.

Ce café avait tout de parfait, à mes yeux. Il était petit, pas tellement fréquenté. Calme, donc. La pièce était boisée. Du sol, au mur, en passant par les tables et les chaises ; tout était en bois. On notait aussi une grosse présence d’orange, plus ou moins foncé. « Chaleureux » était le seul mot pour décrire cet endroit. Il faisait toujours bon, et le personnel était vraiment accueillant. Toujours prêts à discuter. A vrai dire, les clients devenaient de plus en plus rares. Un gros café à côté leur volait la clientèle. Ce genre de café-usine avec des centaines de tables, des putains qui trainent à l’entrée. Pas vraiment l’endroit idéal si on voulait être tranquille. Seul les habitués, comme moi, restaient dans ce café.

Le serveur vint prendre notre commande. Café serré pour moi, sans rien d’autre. J’étouffai un bâillement et planta mon regard dans les yeux de Kaya. « Alors, tu viens d’où ? » Question pas trop personnelle, rien qui ne puisse rappeler son passé difficile puisque trop banale. Parfait pour engager une conversation. Espérons qu’elle ne me demande pas trop de choses sur mon passé. Je n’avais aucune envie de lire de la pitié dans ses yeux lorsqu’elle apprendrait quelle enfance et adolescence heureuse j’ai eu. Au pire, je pourrais toujours inventer une histoire banale. Quoi que, j’en avais assez des excuses bidon. A quoi bon continuer à mentir ? On finit toujours par tout savoir.

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    « Et alors il s’est passé quelque chose.
    Je me suis laissé aller, dans un total oubli
    de moi-même, envahi par la nuit, le silence,
    et la plénitude. J’avais trouvé la liberté.
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MessageSujet: Re: « Dans ce monde largement pourri, c'est une chance, presque un luxe, de pouvoir compter sur quelqu'un. »   Mer 15 Juin - 21:18

    Non non, je ne vais pas t’envoyer chier. A vrai dire, je n’ai pas mieux à faire. Donc va pour un café !

Il se leva illico, avant de se planter devant Kaya et de lui tendre la main pour l’aider à se lever. Il avait une main douce, et ferme. Bien qu’elle n’eu pas vraiment le temps de fantasmer dessus. Une fois sur ses jambes, elle lui lâcha la main dans la seconde. Son « sauveur » la guida jusque dans un petit café, très simpliste, mais vachement agréable. Une bonne odeur de café se dégageait dans l’air, quelque chose de délicat. Ca changeait des bars qu’elle avait pu fréquenter avant. Ceux qui empestaient la fumée. Elle avait toujours détesté ça. Sans parler des gros dégueulasses qui ne la quittait pas des yeux lorsqu’elle venait, et ce même si elle était avec des amis. Rien ne freinait ce genre de type. Le surveillant qu’elle avait rencontré quelques minutes plus tôt s’étira sur sa chaise, puis commanda un café serré. Quant à elle, elle décida de prendre un cappuccino. Elle adorait le café pur et noir, mais elle avait décidé de changer, pour une fois. Le coin où ils s’étaient assit était calme, juste à côté d’une fenêtre d’où s’échappait une légère brise, faisant bouger ses cheveux bruns. Boris semblait réprimer un bâillement, comme s’il était crevé.
    Alors, tu viens d’où ?

Au moins, la conversation ne commençait pas par des choses trop personnelles. Et d’ailleurs, elle espérait que ça ne tournerait pas là-dessus. C’était beaucoup trop difficile de parler de ça. Des fois, elle se disait que si elle devait allez chez un psy, elle serait incapable de lui dire quoique ce soit. Après tout, c’était sa vie. Personne n’avait besoin de connaître les détails. Et puis, d’ailleurs, qui ça intéressait, hein ? Elle avait eu une vie de merde jusqu’à maintenant, ce n’était pas une raison pour la remettre sur le tapis en permanence.
    Je suis née dans une grande ville, et j’ai grandis dans un trou pommé en Caroline du Nord, à l’autre bout du pays, quoi. Et, toi ?

La distance expliquait également pourquoi elle voulait tant rentrer. Kaya n’avait aucun contrôle sur ses frères, elle était beaucoup trop loin. Après quelques instants, le serveur vînt déposer la commande. Elle le gratifia d’un petit sourire de politesse, avant de se rendre compte qu’il faisait vraiment chaud, dans ce coin. Kaya ne s’était pas tout de suite rendu compte de la différence de climat, mais maintenant qu’elle y pensait, il faisait vraiment plus chaud qu’en Caroline du Nord. Quelle idée de mettre une veste en cuir comme celle là. D’ailleurs, elle s’empressa de la retirer. Elle l’a posa soigneusement sur ses genoux. Cette veste, elle y tenait comme à la prunelle de ses yeux. C’était un cadeau de ses frères, quelques mois avant son départ. Au fond, en portant cette veste, c’était comme si ils étaient auprès d’elle. Elle se rendit également compte de son mauvais choix de t-shirt. Ah… Si seulement elle était moins désordonnée, elle aurait peut-être pu mettre un truc mieux que ce t-shirt qui lui collait à la peau. Son regard se reposa à nouveau sur le surveillant, assit confortablement en face d’elle. Au départ, elle avait pensé que le soleil l’éblouissait trop. Mais en fait, non, il était vraiment pas mal. Non seulement il était sympa, mais en plus, il avait du charme. Enfin, il devait sûrement avoir des défauts, comme tout le monde… Mais bon. Ca ne l’empêchait tout de même pas d’être sexy. La jeune fille se retint de rire. Voilà que maintenant, elle se mettait à fantasmer sur un surveillant. Elle tombait décidément de plus en plus bas. Bien qu’à vrai dire, les garçons et elle… Elle n’avait jamais eu de copain attitré. A l’époque, elle était trop occupée à batifoler, allant de mecs en mecs. Enfin, généralement, les relations ne dépassaient pas plus loin que la nuit, et même pas. Une heure, deux heures, voir trois heures, ça dépendait de la forme physique que le type avait. Eh oui, avant, tout ne se jouait que sur une seule et unique chose…
    Je peux te poser une question ? Tu vas me trouver agaçante à la fin. Tu connais déjà ma vie alors que tu ne me connais depuis quoi, une heure, maximum. Mais j’ai besoin de satisfaire ma curiosité avec une question bien féminine. T’as quel âge ?

OK. Kaya était un drôle de phénomène. Mais bon. Soit on l’appréciait comme elle était, soit… Rien. Elle se fichait des gens, et elle n’avait jamais eu envie de changer pour eux. Un petit sourire en coin était accroché sur son visage. Elle avait d’ailleurs décidé que ce surveillant là, elle ne lui ferait pas de crasses. Pourquoi ? Bah… Il était sympa, et de bons conseils. Il avait gagné son respect, sa reconnaissance. Et peut-être même son amitié.

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Boris J. Turner
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MessageSujet: Re: « Dans ce monde largement pourri, c'est une chance, presque un luxe, de pouvoir compter sur quelqu'un. »   Jeu 16 Juin - 11:54

    - Je suis née dans une grande ville, et j’ai grandis dans un trou pommé en Caroline du Nord, à l’autre bout du pays, quoi. Et toi ?

    - Et tes parents t’ont envoyés ici parce que, justement, c’est à l’autre bout du pays… ? Moi, je suis né à l’autre bout du monde. En Angleterre, à Londres.


Ses yeux s’écarquillèrent légèrement. Elle n’avait pas remarqué mon accent ? Quoi que, ça faisait bien dix ans que j’étais ici. L’accent avait pu partir depuis longtemps. Même si certaines personnes le remarquaient parfois. Elle allait sûrement se demander ce qu’un anglais foutait ici, loin de son pays. Et j’espérais qu’elle ne me le demanderait pas. Ou si elle le demandait, là je mentirais. Je n’avais pas envie qu’elle ait d’autres horreurs sur les épaules. Père alcoolique, bagarres extrêmement violentes, drogue, et j’en passe. Non, je n’avais pas envie de la choquer avec tout ça. Elle avait l’air forte comme fille, mais si je pouvais lui éviter de penser à ça, je le ferais. A mon grand désespoir, j’étais du genre protecteur. Je détestais voir le mal autour de moi. Sûrement parce qu’à moi on m’avait fait du mal, j’essayais de faire en sorte d’améliorer le quotidien de toutes les personnes possible. « On a rien à perdre quand on aime personne. » Combien de fois je m’étais répéter cette phrase, sans parvenir à m’arrêter à m’attacher à n’importe qui. Enfin… Celui qui arrive à maitriser son cœur est capable de conquérir le monde. La terre n’aura malheureusement pas la chance de m’avoir comme maitre du monde.

    - Je peux te poser une question ? Tu vas me trouver agaçante à la fin. Tu connais déjà ma vie alors que tu ne me connais depuis quoi, une heure, maximum. Mais j’ai besoin de satisfaire ma curiosité avec une question bien féminine. T’as quel âge ?

    - J’ai trente-deux ans. Mais on dit que j’en fais bien dix-huit dans ma tête…


Fis-je avec un petit sourire en coin. Etait-ce bien nécessaire de lui dire qu’il avait l’habitude d’aller se fumer des gros joints avec les élèves, derrière le bâtiment ? Que les jours de neige, il perdait encore dix ans d’âge mental ? Qu’il s’était déjà promener en caleçon dans Londres avec son meilleur ami ? Qu’avec cette même personne, et d’autres, il s’était mis à faire un Mario Kart géant dans des caddies d’un supermarché ? Qu’à cause de ses amis, et de leurs graves problèmes psychologiques, il avait peur des personnes normales ? Que pour moi, se rouler dans une couette en criant « JE SUIS UN SUSHI ! », était un acte des plus banals ? … Non. Sûrement que non, ce n’était pas nécessaire. Elle le découvrirait bien elle-même.
Le serveur apporta le café. Il posa les tasses délicatement sur la table, et s’en alla d’un pas souple. Je levai les yeux et lança un coup d’œil au barman. Celui-ci me lança un grand sourire, et pointa du doigt Kaya, qui était de dos, en levant un pouce en l’air. J’haussai les sourcils, surpris, puis me redressa sur ma chaise, et lui rendit son grand sourire en lui faisant un beau fuck. Connerie, quand tu nous tiens. Voyant l’expression de Kaya, je lui lançais un « Pardon. » en souriant. Bon, au moins, elle était fixée sur mon état mental.
Le barman, Joe, n’avait pas tort. Kaya était plutôt jolie. Avec ses cheveux bruns qui lui tombaient en cascade sur ses épaules, ses yeux marron, presque noir, soulignés de crayon noir. Des taches de rousseur qui décoraient ses joues roses, et ses lèvres fines. Enfin, contrairement à Joe, si j’avais l’occasion de la foutre dans mon pieu, je ne le ferais pas. Il y a des limites. J’étais surveillant, merde. Même s’il y avait des jours où je n’en avais pas vraiment l’impression. Il fallait vraiment que je me trouve un autre boulot. Tout, sauf ça.

- - - - - - - - - - - - - - - - -

    « Et alors il s’est passé quelque chose.
    Je me suis laissé aller, dans un total oubli
    de moi-même, envahi par la nuit, le silence,
    et la plénitude. J’avais trouvé la liberté.
    Perdre tout espoir, c’était ça la liberté. »

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Kaya S. Owens

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MessageSujet: Re: « Dans ce monde largement pourri, c'est une chance, presque un luxe, de pouvoir compter sur quelqu'un. »   Jeu 16 Juin - 12:53

    Et tes parents t’ont envoyés ici parce que, justement, c’est à l’autre bout du pays… ? Moi, je suis né à l’autre bout du monde. En Angleterre, à Londres.

Alors comme ça, il était british ? Kaya aurait pu penser à tout, sauf à ça. Elle avait remarqué quelque chose d’étrange dans sa voix, au début. Mais de là à penser qu’il était anglais, elle n’aurait jamais pu le deviner.
    C’est exactement ça. En fait, c’était bien jouer de leur part. Ils savaient que s’ils m’envoyaient pas trop loin de chez moi, j’étais capable de m’enfuir, et de revenir à pied, ou en stop. Elle fit une légère pause, avant de reprendre. Alors, comme ça, t’es Anglais ? Fun. J’ai toujours trouvé que les Anglais avaient beaucoup de classe. Décidément, je ne me suis pas trompée...

Non, non. Elle ne draguait pas… Ou presque. En fait, elle en était plus au stade : « je m’amuse pour voir un peu tes réactions ». Jamais elle ne pensait aller plus loin que là. En tout cas, elle pensait chaque mot qu’elle disait. C’était un homme avec beaucoup de classe, et Kaya appréciait beaucoup la compagnie de ce genre de personne. Même si, elle, niveau classe… Il fallait revoir certains points. La preuve : elle ne l’avait ni salué, et à peine remercié lorsqu’il lui avait prêté son briquet. Elle ne possédait aucune classe, mais elle s’en fichait.
    J’ai trente-deux ans. Mais on dit que j’en fais bien dix-huit dans ma tête…

Douze ans de plus, seulement ?! Il n’était même pas vieux. Et puis, franchement, en lui parlant, on en oubliait presque l’âge qu’il avait. Kaya sourit à nouveau. En gros, c’était encore un gros gamin à l’intérieur. D’ailleurs, il lui faisait penser à Tyler… D’accord, il n’avait que dix neuf ans, mais il en avait dix dans le cerveau. C’était comme s’il n’avait pas grandit. Il était vraiment capable des pires conneries. Kaya se demandait souvent si un jour, il parviendrait à prendre en maturité. Peut-être que oui, peut-être que non… En fin de compte, ce n’était pas grave. Ce qui faisait surtout bizarre, c’était que Jaret, à seulement seize ans, était largement plus mature que son frère. La jeune femme savait qu’il était capable de prendre soin de Tyler pendant son absence, qu’elle espérait courte. Mais bon, la drogue, mature ou pas, on pouvait tous tombé dedans. Et ça, elle ne laisserait jamais faire. Soudain, alors qu’elle avait cessé de parler, Boris haussa les sourcils puis se redressa sur sa chaise, un grand sourire sur le visage. Sans qu’elle n’eu le temps de faire ou dire quoique ce soit, il leva son majeur en l’air, regardant dans la même direction. Elle fût d’abord surprise, très, même. Non pas qu’elle soit choquée, il lui en fallait plus que ça. Mais un fuck de la part d’un mec de trente-deux ans, c’était tellement rare et à la fois puéril… Il posa les yeux sur elle, et murmurait un « pardon » en souriant. Elle se mordit la lèvre inférieure. Non… Non… Pas maintenant ! Trop tard. Elle fut prise d’un fou rire incontrôlable, si bien que des larmes lui montaient aux yeux. Alors là, il ne lui avait pas mentit ! Dix-huit ans, pas plus, ni moins. C’était complètement génial. Elle adorait ce genre de type. En gros, il était un peu sa vision du mec bien, et un peu dingue sur les bords. Et puis, il dégageait un truc en particulier. Tout chez lui était particulier. Son odeur, sa voix, son accent, sa façon de sourire, de plaisanter… Oh, non. Ce n’était pas le moment de penser à ça. Et puis… Et puis… Ah ! Il était trop bien pour elle. La différence d’âge, à la rigueur, elle s’en tapait. Mais même. Une fois son fou-rire calmé, elle s’essuya d’un revers de la main les petites larmes qui coulaient le long de ses joues. Son maquillage avait survécu, fort heureusement.
    Désolée. Je n’ai pas pu faire autrement. Il était incontrôlable.

Elle poussa un soupir de soulagement, les yeux encore brillants. Du bout des lèvres, elle goûta son cappuccino. En fait, c’était plus histoire de se donner de la contenance, parce que là, elle se sentait un peu débile, surtout vis-à-vis des quelques clients qui la dévisageaient à cause de son magnifique fou rire bruyant. Elle se passa ensuite une main dans les cheveux, évitant soigneusement de croiser le regard du surveillant, histoire de ne pas repiquer un autre fou-rire.
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Boris J. Turner
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MessageSujet: Re: « Dans ce monde largement pourri, c'est une chance, presque un luxe, de pouvoir compter sur quelqu'un. »   Jeu 16 Juin - 14:37

    - Alors, comme ça, t’es Anglais ? Fun. J’ai toujours trouvé que les Anglais avaient beaucoup de classe. Décidément, je ne me suis pas trompée...

    - Ahaa, attention, mes chevilles gonflent là… C’est vrai que les Anglais sont assez stylés. Mais bon, honnêtement, aucun ne m’arrive à la cheville.


Fis-je avec une fausse moue d’humilité. J’avais toujours trouvé que, c’est vrai, les Anglais avaient un certain style. Il suffisait de regarder les Beatles, les Who, ou autre. Question musique, j’estimais que les Anglais étaient les meilleurs. Et je ne disais pas ça parce que je l’étais, Anglais. Ou peut-être bien que si. Ah la fierté de ses origines. Enfin à part la musique, il n’y avait pas grand-chose à envier à l’Angleterre. Je ne m’étendrais pas sur les défauts de la société là-bas, et autre, mais certains points laissaient à désirer. Comme partout, de toute façon. Ça ne m’ôtait pas ma nostalgie du pays. La musique anglaise me manquait. Et la politique américaine m’exaspérait. C’était du grand n’importe quoi. N’importe qui pouvait accuser n’importe qui d’un crime qu’il n’avait pas commis, et se prenait du fric plein les poches. Et ça ne changerait pas. Ça gagnait à tout le monde. On ne doit pas trop en attendre de la part d’une société gouvernée par l’argent.
Soudain, après mon fuck majestueux, Kaya explosa de rire. Pendant… Oh je n’aurais pas pu dire combien de temps, mais à la fin je me demandais si ses poumons n’allaient pas exploser. Elle devenait rouge tellement l’air lui manquait. Devant cette tomate, je ne pus empêcher un rire moqueur. Elle commençait à me plaire celle-là. Moi qui pensais qu’elle était le genre de fille à surveiller ses moindres faits et gestes. Avec de la retenue. Ce que j’aimais chez une fille, c’était sa façon à ne pas se prendre au sérieux. « La vie devient une chose délicieuse aussitôt qu’on décide de ne plus la prendre au sérieux ». Et puis au moins, avec ce genre de fille, on ne s’ennuie pas. Une fille qui n’a pas froid aux yeux, qui aime prendre des risques, et qui se fout de ce qu’on peut penser d’elle, c’est toujours mieux qu’une populaire qui surveille tous ses gestes. Enfin, si elle avait eu quelques années de plus, j’aurais pu craquer… Malheureusement, les filles de trente ans ont plus de retenue. Il faut croire que j’étais trop extraverti pour avoir une copine. Une copine de mon âge, en tout cas. Parce que, honnêtement, j’avais du miel au cul. Si bien que parfois ça faisait un peu peur. Mais bon, c’était le prix à payer pour être un tombeur ! Quoi, mes chevilles… ?
    - Désolée. Je n’ai pas pu faire autrement. Il était incontrôlable.
    - No problem baby.

Fis-je en souriant. Soudain, mon portable sonna. « Wonderwall » d’Oasis retentit dans le café. Je regardai l’appelant. Olivier G. Putain… J’ai peur là. Je lançai une excuse à Kaya, et décrochai.
    - Oui ?
    - Bow ! J’ai FAAAAIM !
    - Mais… Non mais, c’est pour ça que tu m’appelles ? Je bosse là, coco…
    - Mon cul. T’aurais pas décroché sinon.

Merde.
    - … Hum. Y’a des trucs dans le placard.
    - Ben maintenant, y’a plus.
    - T’as tout prit… ?
    - Oui…
    - … Putain Oli tu fais chier, ce soir j’te fais bouffer tes chaussettes !
    - Mais mon Bow d’amour, je…

Je lui raccrochais au nez. Putain… Vivre avec son meilleur ami était un défi quotidien. J’éteignis mon portable de peur qu’Oli rappelle, ce qu’il ferait sûrement, et le rangeai dans ma poche. Celui-là avait un sixième sens pour appeler aux moments où il ne fallait pas. Et comme à chaque fois, craignant le pire, je décrochais. Honte à moi.

    - Vivre avec son meilleur ami est un défi quotidien.

Oui, je disais toujours ce que je pensais. Et c’était aussi une façon de lui annoncer que non, je n’étais pas gay. Pas qu’elle m’intéresse, mais… Si. Elle m’intéressait. Mais je ne la toucherais pas. Question de principe.

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    « Et alors il s’est passé quelque chose.
    Je me suis laissé aller, dans un total oubli
    de moi-même, envahi par la nuit, le silence,
    et la plénitude. J’avais trouvé la liberté.
    Perdre tout espoir, c’était ça la liberté. »

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MessageSujet: Re: « Dans ce monde largement pourri, c'est une chance, presque un luxe, de pouvoir compter sur quelqu'un. »   Jeu 16 Juin - 16:00

    Ahaa, attention, mes chevilles gonflent là… C’est vrai que les Anglais sont assez stylés. Mais bon, honnêtement, aucun ne m’arrive à la cheville.

Kaya pouffa de rire à l’annonce de cette phrase. Il avait vraiment beaucoup d’humour. Parce que oui, elle se doutait bien qu’il n’était pas sérieux. Ah moins que… ? Les gens fonctionnaient parfois bizarrement. Après son sublime fou rire, et après s’être excusée de ça, il lui balança un « No problem baby », auquel elle se retint de rire. Décidément, ce type, elle commençait à l’adorer. Il était vraiment génial. Ils devaient avoir le même niveau mental, c’est-à-dire bien amoché. Elle ne le connaissait pas bien, mais elle le voyait sur lui. Et puis, dans un sens, elle ne faisait pas que l’apprécier amicalement, il commençait sérieusement à l’intéresser dans un tout autre sens. Bien qu’elle restait persuadée qu’il était beaucoup trop bien pour elle. Puis, ce n’était pas le moment de s’attacher, si elle voulait partir d’ici. Mais bon. Dans toute sa vie, elle n’avait jamais rencontré une personne comme lui, et rien que pour ça, Kaya était très contente. Et puis, autant le dire, elle se sentait en quelque sorte en sécurité à ses côtés. Peu après, le téléphone du surveillant se mit à sonner. Elle reconnut immédiatement une célèbre chanson du groupe Oasis. Il avait du goût, en plus ! Il s’excusa en vitesse auprès de Kaya, puis décrocha. Pendant qu’il décrochait, la jeune femme se recala dans sa chaise, les yeux toujours posés sur son surveillant, elle était détendue.
    Oui ?
    Bow ! J’ai FAAAAIM !

N’étant pas très loin de lui, elle entendait la voix de son interlocuteur. Kaya arqua un sourcil interrogateur. C’était la voix d’un homme au bout du fil. Et, cet homme disait avoir faim. OK, ce n’était peut-être rien, mais elle commençait à se poser des questions.
    Mais… Non mais, c’est pour ça que tu m’appelles ? Je bosse là, coco… Kaya étouffa son rire en se mordant l’intérieur de la bouche.
    Mon cul. T’aurais pas décroché sinon.
    …Hum. Y’a des trucs dans le placard.
    Ben maintenant, y’a plus.

Kaya fit un minuscule sourire en voyant l’air que prenait le surveillant. Il semblait… Agacé, et amusé, peut-être, un peu. Très légèrement, en tout cas. Elle tentait tant bien que mal de ne pas trop se poser de question. Serait-il possible qu’il ne soit en fait pas hétéro ? Oh, pitié, pas ça.
    T’as tout prit… ?
    Oui… Elle s’étouffa une première fois.
    … Putain Oli tu fais chier, ce soir j’te fais bouffer tes chaussettes ! Puis une deuxième.
    Mais mon Bow d’amour, je…
    Et une troisième.

Mais cette fois, il raccrocha. Il ne semblait pas avoir entendu ses étouffements, qu’elle avait habilement masqués en buvant son cappuccino. C’était peut-être pour ça qu’il n’avait pas d’alliance ? Le cauchemar ! Non, elle n’était pas homophobe. Mais elle ne pouvait se résoudre à ce que lui, ce mec adorable, gentil et sexy, soit en fait gay. Après avoir raccroché, il rajouta, comme pour lui-même.
    Vivre avec son meilleur ami est un défi quotidien.

Cette fois, elle se donna un coup de poing pour ne pas souffler par pur soulagement. Quand même, ça ne se faisait pas de « fantasmer » sur un surveillant de douze ans de plus qu’elle. Puis, elle n’avait pas le temps d’y penser. Elle ne le reverrait sûrement plus, après cette journée. Et, elle ne voulait pas non plus l’importuner longtemps. Il avait été trop sympa pour qu’elle l’emmerde un peu plus avec ses problèmes.
    Ah ? J’ai cru pendant un quart de secondes que tu n’étais pas hétéro. Je devrais avoir honte de moi, mais c’était tellement ambigu...

Munit de son sourire en coin, elle pouffa de rire. En fait, c’était amusant. Elle venait d’apprendre qu’il vivait avec son meilleur ami, ce qui voulait dire qu’il n’était pas marié. Enfin, il pouvait avoir une copine, pas besoin de vivre avec. Mais bon. Ca lui laissait des chances…
Ou pas. Elle n’en avait aucunes. Une main posée sur sa tasse, et confortablement installée dans sa chaise, elle le fixa dans les yeux. Ahh… Pourquoi est-ce qu’elle avait envie de rire ? Pour stopper le flot de connerie qui n’allait pas tarder à sortir de sa bouche, elle décida de lui poser une question simple. Enfin, c’est ce qu’elle croyait, du moins.
    Au fait, pourquoi t’as quitté l’Angleterre ?

Au fond d’elle, elle pensait qu’il était parti parce qu’il n’aimait pas son pays. C’était des choses qui arrivaient souvent. L’herbe est toujours plus verte ailleurs.
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Boris J. Turner
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MessageSujet: Re: « Dans ce monde largement pourri, c'est une chance, presque un luxe, de pouvoir compter sur quelqu'un. »   Jeu 16 Juin - 16:47

    - Ah ? J’ai cru pendant un quart de secondes que tu n’étais pas hétéro. Je devrais avoir honte de moi, mais c’était tellement ambigu...

Je failli m’étouffer avec la gorgée de café que j’avalais.

    - Et pendant un quart de seconde tu as envisagé de sauter d’un pont, par désespoir ? Hum. Je rigole. Non non, je suis complètement hétéro. Et je doute que je serais homo un jour. Encore moins avec ce mec…

Fis-je avec un grand sourire. En couple avec Oli… Oh mon dieu, la vision ! Même pour des centaines de dollars je ne m’approcherais pas intimement de lui. Quoi que, contre une Gretsch… Une bonne vieille White Falcon… Ahh non Bow, ne tombes pas si bas ! Beuah. Ça y est, ça m’a coupé l’appétit. Non pas qu’Oli soit dégueulasse, enfin un peu quand même, mais… Non. Tout, sauf lui. J’avais vécu trop de choses avec lui pour faire ça. Et puis, j’aimais trop les femmes pour être homosexuel, pour même bisexuel.

    - Au fait, pourquoi t’as quitté l’Angleterre ?
    - Hum… C’est assez compliqué en fait. Histoire de famille. Ce serait trop long à expliquer.


Lançais-je, en pinçant les lèvres. J’étais tellement plongé dans mes pensées que je l’avais à peine entendu. Aie, si elle commençait à me poser des questions comme ça… De toute façon, ça devait bien arriver. Tôt ou tard, elle le découvrirait. Espérons qu’elle n’insiste pas. Et qu’elle ne soit pas comme moi en lançant un « J’ai tout mon temps. » Croisons les doigts. Au pire, ce sera tant pis pour elle. Et pour l’ambiance.

    - Bon alors, et toi, pas de copain ?


Bow, le pro du changement de sujet. Vu comment elle m’avait parlé de mes préférences sexuelles, je ne pense pas qu’elle soit très à l’aise sur le sujet de l’amour, ou du sexe. Elle serait donc déstabilisée, et ne me poserait pas de questions sur mon passé. Aha, je suis un pro.

(Nul à chier. Merci Bona !)

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    « Et alors il s’est passé quelque chose.
    Je me suis laissé aller, dans un total oubli
    de moi-même, envahi par la nuit, le silence,
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MessageSujet: Re: « Dans ce monde largement pourri, c'est une chance, presque un luxe, de pouvoir compter sur quelqu'un. »   Jeu 16 Juin - 17:15

    Et pendant un quart de seconde tu as envisagé de sauter d’un pont, par désespoir ? Hum. Je rigole. Non non, je suis complètement hétéro. Et je doute que je serais homo un jour. Encore moins avec ce mec…
    Oh, tu sais, vu mon niveau mental, on ne sait jamais... Elle sourit. De toute façon, c'est impossible que tu le sois. T'as pas une tête de gay, et t'en a pas les manières.

Kaya haussa les épaules. Même si au plus profond ça l’aurait vraiment dérangé qu’il soit homo, il faisait tout de même ce qu’il voulait. Mais il ne l’était apparemment pas, et c’était tant mieux. Peut-être pas tant mieux pour elle… Mais, en fait, si. Elle était contente. Bien sûr, elle n’allait pas le lui montrer, ça aurait été trop bizarre. Pour lui, elle ne devait être qu’une gamine. Il n’en avait sûrement rien à foutre d’elle.
    - Hum… C’est assez compliqué en fait. Histoire de famille. Ce serait trop long à expliquer.

Pourquoi est-ce qu’il cherchait à se dérober, comme ça ? Est-ce qu’il avait eu une histoire compliquée lui aussi ? Vu l’air perdu qu’il avait, ça devait sûrement être le cas. Mais sur le coup, il avait piqué sa curiosité. Peut-être qu’il avait aussi peur de plomber l’ambiance, ou de l’emmerder. Si c’était le cas, elle le lui devait bien. Et puis, il connaissait son histoire, elle voulait maintenant connaître la sienne. Avant qu’elle ne puisse dire quoique ce soit, il s’empressa de changer de sujet.
    Bon alors, et toi, pas de copain ?

Mais… Quel petit malin, celui-là ! La lancer sur ce sujet pour ne pas qu’elle lui pose trop de questions… C’était diabolique. Et terriblement astucieux de sa part. Ce mec était un dieu. Il était vraiment habile. Même si, sur le coup, il ne parviendrait pas à s’en sortir comme ça, en claquant du doigt. Il n’était pas face à n’importe qui, là. Un petit sourire en coin se dessina sur le visage de Kaya. Elle ne tombait pas dans le panneau. Côté changement de sujet, il allait voir ce qu’il allait voir.
    Hm… Honnêtement, je n’ai jamais eu de relations qui à duré plus d’une nuit. Et encore. Deux-trois heures, tout variait selon la forme physique du mec. En gros, avoir un copain fixe, je ne sais pas ce que c’est. Ces dernières années, je n’ai eu que la fonction d’objet sexuel. Même si, franchement, j’en suis pas fière.

Kaya souriait. OK… Elle n’était pas fière de tout ça. Mais bon, c’était fini depuis longtemps, ce genre de conneries. Jamais elle ne l’aurait fait sans la drogue et l’alcool. C’est pourquoi elle prit soin de parler au passé. Elle se rassit correctement dans sa chaise. Elle ne montrait aucun brin de gêne, rien ne pouvait la trahir. Tout en faisant tourner son portable dans ses mains, elle le fixa bien dans les yeux.
    Et j’adore les histoires de familles. En plus, comme ça me demande beaucoup trop d'effort que de bouger mes fesses pour aller en cours, j’ai absolument tout mon temps !

Au fond, s’il ne voulait vraiment pas, elle n’allait pas le forcer. Elle sourit encore une fois. Mais cette fois, ce n’était pas du jeu. C’était autre chose. Même si elle ne savait pas ce que c’était. De la sympathie, sans doute.



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Boris J. Turner
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MessageSujet: Re: « Dans ce monde largement pourri, c'est une chance, presque un luxe, de pouvoir compter sur quelqu'un. »   Ven 17 Juin - 10:44

    - Hm… Honnêtement, je n’ai jamais eu de relations qui n’aient duré plus d’une nuit. Et encore. Deux-trois heures, tout variait selon la forme physique du mec. En gros, avoir un copain fixe, je ne sais pas ce que c’est. Ces dernières années, je n’ai eu que la fonction d’objet sexuel. Même si, franchement, je n’en suis pas fière.


J’haussai les sourcils de surprise, tout en buvant mon café. Sans dire un mot. Eh ben. Décidément, je n’arriverais jamais à cerner cette fille. Et c’était, je devais l’avouer, assez frustrant. Ça aiguisait ma curiosité aussi…

    - Et j’adore les histoires de familles. En plus, comme ça me demande beaucoup trop d'effort que de bouger mes fesses pour aller en cours, j’ai absolument tout mon temps !


… Terriblement frustrant.

    - Tu veux vraiment savoir ? Cette histoire-là, ce n’est pas du joli tu sais. Mais parce que c’est toi, je ne vais t’épargner aucuns détails. Alors... Comme je t’ai dit, j’habitai à Londres, dans un petit immeuble, bien miteux. On n’avait pas beaucoup d’argents. Enfin, pas moins que d’autres, mais mon père, alcoolique, claquait toutes nos économies dans l’alcool. Alors des fois –souvent- le soir, quand il était saoul, j’avais le droit à la raclée du siècle. Je m’arrêtais pour boire une gorgée de café. Et je finissais assez souvent à l’hôpital. Coin de table dans la gueule, ou bouteille explosée sur moi. Ça va, ça fait pas trop ? Parce que ce n’est pas fini. Un soir, j’ai craqué. Je suis parti. Avec pour seuls bagages ma guitare, quelques fringues, et des maigres économies que j’avais réussi à cacher. Pour survivre, je passai des castings pour suivre des artistes dans leurs tournées. En tout, j’ai dû jouer avec trois ou quatre groupes. Oasis, c’était le plus gros groupe avec qui j’ai pu jouer. J’étais guitariste. Mais à chaque fois c’était juste le temps d’une tournée. Ils étaient vraiment super. Bon, c’est aussi avec eux que j’ai, comme toi, toucher à la drogue. Un peu à l’excès, je dois l’avouer. Mais c’était pour m’échapper. Échapper à tous ses souvenirs. Et puis un soir, j’ai croisé mon père. J’étais drogué, et je rentrai chez moi, après une soirée avec les membres d’Oasis. Lui, était bourré. Il a foncé vers moi comme un bœuf. Moi, je ne l’avais pas vu. Et je n’avais pas vu non plus son poing venir vers moi. Je me suis étalé sur les pavés, et je me suis reçu plusieurs coups de pieds. Bon, sur le coup, je n’ai rien senti. La drogue, tu vois. Ce n’est qu’une fois à l’hôpital, après qu’un témoin m’ait ramassé, que j’ai constaté l’état de mes blessures. En fait, elles n’étaient pas si grave – enfin, pas plus qu’avant – mais ça a été le déclic. Sur un coup de tête, j’ai flingué toutes mes économies et je me suis acheter un billet à l’autre bout du monde, pour Los Angeles. Ce que je n’avais pas prévu, c’est que mon meilleur ami me suivrait. Mais en tout cas, je ne le remercierais jamais assez d’être resté avec moi. Je ne sais pas ce que je serais devenu sans lui. Un homme comme mon père, j’imagine.


Voilà. Ok, je n’étais pas très fair-play, je n’avais pas précisé que j’étais encore accro à la drogue. Mais étant donné l’état de son frère… Mieux valait éviter. Au risque de recevoir une unième leçon de morale. Ou une bonne baffe. A vrai dire, je dois avouer que je n’arriverais sûrement jamais à prévoir ses réactions. C’est ce qui me plaisait chez une femme.
Oui Bow, sauf que là, ce n’est pas vraiment une femme. Et tout ce qu’elle veut c’est retourner avec ses frères. Et elle n’est pas pour toi !

    - Mais bon. Tout est bien qui finit bien !
Lançais-je avec un grand sourire, pour clore le sujet. Essayer de clore le sujet. Sa curiosité allait sûrement la titiller. Ou elle aurait remarquer que je n'avais pas tout dis. J’espérais juste être assez bon acteur. Pas que j'avais honte de mon passé, non. Juste que je n'avais pas envie qu'elle s'inquiète de trop.

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    « Et alors il s’est passé quelque chose.
    Je me suis laissé aller, dans un total oubli
    de moi-même, envahi par la nuit, le silence,
    et la plénitude. J’avais trouvé la liberté.
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MessageSujet: Re: « Dans ce monde largement pourri, c'est une chance, presque un luxe, de pouvoir compter sur quelqu'un. »   Ven 17 Juin - 13:03

Au bout d’un moment, il se décida à parler de son passé. Kaya avait cessé de tripoter son portable, afin de se concentrer sur ce qu’il disait. Putain…Comment ça pouvait être possible ? Pourquoi y avait-il sur cette foutu terre autant de parents indignes ? Ils n’avaient pas besoin de faire des enfants, dans ces cas là ! Ce qu’elle avait vécu, à côté, ce n’était rien du tout. OK… Elle s’était aussi fait battre. Mais ce n’était rien du tout. De plus, c’était quand même plus rare. Puis, il n’avait jamais utilisé d’objets. Machinalement, quand il parla de ses nombreuses visites à l’hôpital, elle posa discrètement sa main sur son épaule. Elle avait quelques cicatrices, qu’elle s’évertuait à cacher. Elle n’en avait pas non plus énormément, les fois où il lui donnait des coups, il laissait juste des marques, qui disparaissaient assez rapidement, bien que les accidents arrivaient vite…Mais ce n’était rien à côté de ce que lui avait vécu. Ça devait être pire que l’enfer… Pauvre homme. Kaya l’écoutait en silence, comme il l’avait fait précédemment pour elle. Il vint au chapitre de sa fuite, et des groupes avec qui il avait joué. Oasis, merde ! Elle était fan de ce groupe, et Jaret aussi. Ce qui lui donna envie de sourire. Depuis ses neuf ans, Jaret s’était éprit d’un amour infini pour la basse, qu’il pratiquait toujours, et encore. C’était sa passion, la musique. Enfin bon, lui, il était guitariste. Il devait avoir un sacré talent. A quelques gros détails près, ils avaient tout les deux connus des problèmes de drogue. En même temps, dans ces cas là, elle était sacrément utile. Pas dans le cas de Tyler, non, lui, il n’avait aucunes excuses valables. Kaya posa un coude sur la table, et vint poser sa tête dans sa main, histoire d’avoir un appui. Bon dieu… Il avait souffert. Peut-être même plus qu’elle. Enfin, elle essayait de ne pas le regarder avec de la pitié. Il n’y avait rien de pire que ça. Elle ne voulait pas non plus avoir l’air compatissant, c’était vraiment énervant. La jeune femme se concentra à nouveau sur son récit. Bon, au moins, il avait de la chance d’avoir eu son meilleur ami, à ses côtés. Des fois, elle aurait tout donné pour avoir quelqu’un sur qui compter. Hélas, elle n’en avait pas. OK, elle avait ses frères, mais ce n’était pas la même chose. Elle ne voulait pas critiquer ses géniteurs devant eux, parce qu’ils aimaient leurs parents. Et puis, elle ne voulait pas raconter la tonne de détail qu’ils n’avaient jamais su. Ce serait beaucoup trop. Elle voulait les protéger plus que tout au monde. Donc non, elle gardait tout pour elle, et bon dieu qu’est ce que c’était dur par moment. Elle avait tellement honte de ce qu’elle avait pu faire. Il lui arrivait des fois de se surnommé la traînée, même si elle ne se souvenait jamais de ce qu’elle avait bien pu faire pendant les nuits où elle était droguée, ou bourrée. En tout cas, elle savait qu’au lycée, elle s’était fait toute l’équipe de football américain, et la moitié de celle de base-ball. Sans compter tout les gros crado, vieux et alcoolique, voir même pédophile. Bon dieu, bon dieu, bon dieu. La drogue, c’était vraiment de la merde. Heureusement qu’elle avait réussi à tout stopper… Même si ce n’était pas le cas de Tyler, qui s’enfonçait un peu plus chaque jour. Après avoir fini son récit, il lança, dans une tentative désespérée de clore le sujet :
    Mais bon. Tout est bien qui finit bien !

Kaya soupira en secouant la tête.
    Optimiste. Tu ne vas quand même pas me dire que tu as pu faire une croix sur ton passé comme ça, en claquant du doigt ? Je ne te crois pas. Enfin bon, je trouve que t’en sors bien, par rapport à tout ça. Je veux dire… Tu as quelqu’un sur qui compter, ton meilleur ami, et tu as un travail aussi. Et en plus de ça, t’es vraiment quelqu’un de bien. Tu peux vraiment être fier de toi, parce que ce n’est pas évident de sortir d’un passé aussi lourd…Si j’avais du vivre ce que tu as vécu, je me serai déjà balancé depuis bien longtemps.

Kaya était pensive. Elle pensait tout ce qu’elle venait de dire. Il avait vraiment eu énormément de courage. Quitter son pays, et ne plus jamais y retourner… Chapeau. La jeune femme se demandait si, dans dix ans, elle s’en sortira aussi bien que lui. Sûrement pas. Dans sa petite ville de Caroline du Nord, on l’avait traité de traînée tellement de fois. Elle n’avait aucune passion, rien. Rien qui ne l’attache à la vie. Elle se foutait de tout. Elle n’aimait personne, à part ses deux frères. C’était d’ailleurs pour eux qu’elle était si forte. Elle les aimait tellement… A vingt ans, sa vie était déjà foutue de toute manière. Elle se sentait détruite de l’intérieur. Jamais elle ne serait heureuse. Jamais elle n’aurait l’occasion de faire de grandes choses. Et puis, même si elle pouvait, elle n’en avait pas l’envie et la motivation. En gros, elle était condamnée. En relevant les yeux vers le surveillant, Kaya fronça les sourcils en voyant son sourire.
    …Pourquoi tu souris, comme ça ? Tu n’essayerai pas de passer une partie de ta vie sous silence, quand même ?

Elle sourit à son tour. Piètre comédien. Soit il lui avait tout dit, soit… Soit… Il lui cachait un truc. Quant à savoir quoi, elle l’ignorait. Pour l’instant.

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Boris J. Turner
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MessageSujet: Re: « Dans ce monde largement pourri, c'est une chance, presque un luxe, de pouvoir compter sur quelqu'un. »   Ven 17 Juin - 13:57

    - Optimiste. Tu ne vas quand même pas me dire que tu as pu faire une croix sur ton passé comme ça, en claquant du doigt ? Je ne te crois pas. Enfin bon, je trouve que t’en sors bien, par rapport à tout ça. Je veux dire… Tu as quelqu’un sur qui compter, ton meilleur ami, et tu as un travail aussi. Et en plus de ça, t’es vraiment quelqu’un de bien. Tu peux vraiment être fier de toi, parce que ce n’est pas évident de sortir d’un passé aussi lourd…Si j’avais dû vivre ce que tu as vécu, je me serai déjà balancé depuis bien longtemps.

J’eus un petit rire.
    - Tu sais, à la fin on s’habitue. Je prenais ma raclée quotidienne, sans broncher, et voilà. Bon ce n’est que sur la fin que je me battais avec. Il adorait qu’on lui tienne tête. Je garde encore les cicatrices de ce passe-temps.

Je ne saurais toutes les énumérées. Genoux, bras, dos, … Il y en avait partout. Plus ou moins grosses. Elles s’étaient guéries, et restaient tout de même discrètes, mais quand on regardait bien… Hum. Le plus flagrant restait tout de même les avant-bras. Mais là, rien à voir avec les bagarres… Combien de fois j’avais essayé d’arrêter la drogue, en vain. Ça faisait trop longtemps que j’en prenais. Et à vrai dire, moi-même je ne croyais pas vraiment à une guérison prochaine. Alors forcément, quand on ne croit pas en soi, les chances diminuent encore plus. Déjà qu’elles étaient déjà très faibles. Et puis tant pis. Je claquerais mes sous dedans jusqu’à la fin. J’avais besoin de ça, c’est tout. Personne n’y pourrais rien. Et puis, dans le fond, avais-je vraiment envie de me débarrasser de ça ? Qu’aurais-je pour remplacer la drogue ? Y-avait-il une autre manière d’avoir un peu de bonheur immédiat, sans penser à rien d’autre ? Le sexe, c’est éphémère. L’alcool, en plus de me rappeler mon père, rendait malade, le plus souvent. Ou violent. Rien pour oublier, donc. Il restait bien sûr la musique. Une grande passion. A vrai dire, sans elle, et Oli, je me serais sûrement balancer. Sans la drogue aussi. Voilà ce qui m’avait sauvé : La drogue, la musique, et Oli. Mais depuis peu, j’avais réussi à mélanger les trois. Difficilement, à cause du troisième point. Mais au moins une fois, je l’avais fait. Faire de la musique, défoncé, avec Oli. C’est dingue comment on est inspiré quand on est dans un état second… En quelques heures nous avions créé de quoi faire un album entier. La mélodie, du moins. Les paroles, c’était moi seul qui les écrivais. Quand j’étais clean. Sinon, bien sûr que c’était trop dur. Vous avez déjà compris un drogué qui parle ? Non. Mais un drogué qui compose, là… Je m’étais mis en tête que je ne pouvais composer sans substances. Chaque fois que je mettais ce sujet sur le tapis, Oli gueulait. Criant que mon talent ne se trouvait pas dans ce que je me foutais dans le sang, mais dans ma tête. Et à force, il avait décidé d’une chose : Il ne jouerait avec moi que dans les moments où je serais complètement clean. Au début, pendant quelques mois, nous n’avions rien composé du tout. Puis, au fur et à mesure, quand le manque de la musique grandissait en moi, je faisais des efforts. J’essayais de ne rien m’injecter une fois rentré à l’appart. Je rentrais, je composais avec Oli, nous mangions, nous composions, et là, seulement après, je m’accordais ces instants de bonheur artificiels. Oh, il le savait, bien sûr. Mais qu’y pouvait-il ? Qu’importe ce qu’il puisse dire, je continuerais. Il avait essayé tous les moyens pour me faire arrêter. Mais aucuns n’avait marché. Et Dieu sait à quel point il avait été loin.
    - …Pourquoi tu souris, comme ça ? Tu n’essayerais pas de passer une partie de ta vie sous silence, quand même ?

Pour toute réponse, un sourire. Un sourire plein de sous-entendus. A elle de voir quelle réponse elle en tirerait. Et quels scénarios elle pourrait s’imaginer. Non, je ne lui dirais pas que j’étais encore accro à cette merde. Jamais. Elle le découvrirait elle-même de toute façon. Tout le monde peut reconnaitre des accros. Il suffit d’ouvrir les yeux.

- - - - - - - - - - - - - - - - -

    « Et alors il s’est passé quelque chose.
    Je me suis laissé aller, dans un total oubli
    de moi-même, envahi par la nuit, le silence,
    et la plénitude. J’avais trouvé la liberté.
    Perdre tout espoir, c’était ça la liberté. »

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MessageSujet: Re: « Dans ce monde largement pourri, c'est une chance, presque un luxe, de pouvoir compter sur quelqu'un. »   Ven 17 Juin - 14:51

    Tu sais, à la fin on s’habitue. Je prenais ma raclée quotidienne, sans broncher, et voilà. Bon ce n’est que sur la fin que je me battais avec. Il adorait qu’on lui tienne tête. Je garde encore les cicatrices de ce passe-temps.

Ce mec avait décidément beaucoup de courage. Et, maintenant, Kaya l’admirait plus qu’autre chose. Il aurait dû tourner très mal, mais ce n’était visiblement pas le cas. Il avait touché à la drogue, OK. Mais ça, ce n’était pas grave. Dans un sens, elle lui avait rendu service, cette saloperie. Puis, elle-même y avait touché, donc elle n’avait aucun préjugé. A l’époque, elle était presque shootée vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Elle ne se rendait compte de rien, mais elle savait qu’une fois dans un état second, elle oubliait tout. Et, en fin de compte, elle était heureuse. Avec un bonheur artificiel, certes, mais elle était heureuse. Maintenant qu’elle était « clean » (même si elle y touchait de temps à autre, rarement quand même), elle se sentait mal en permanence. Plus de bonheur, plus d’euphorie, plus de joie… Plus rien. La seule chose qui lui donnait envie de vivre était une raison des plus bizarres : ses frères. Elle ne voulait pas rester sur cette terre sans eux. Après sa petite question, il se contenta de sourire. Ah, il voulait jouer aux devinettes ? Parfait.
    D’accord. Laisses-moi deviner… Tu étais tellement malheureux que tu t’es réfugié dans un élevage de chèvre naine en montagne, et comme tu t’ennuyais, t’allais souvent parler aux boucs ? Tu as fais semblant d’avoir une maladie mentale, genre schizophrénie ? Tu… Tu… Pour gagner du fric, tu as joué dans des pornos amateurs ? Tu t’es enfui et t’es parti vivre un an dans la forêt amazonienne avec les indiens ? Tu t’es converti à une religion ? Tu t’es fais accepter dans une tribu Navarro ? Tu t’es travesti de nombreuses fois ? Tu as… Eu des gosses avec plusieurs femmes ? T’es hermaphrodite ? Zoophile ? Nécrophile ?... OK ! J’abandonne. T’es trop mystérieux pour moi.

Elle était à bout de souffle. Elle venait de sortir tout ce qui lui passait par la tête, sans être vraiment sérieuse. S’il ne voulait pas lui dire… Tant pis. Elle finira par le savoir, de toute manière. Kaya savait parfaitement faire chier les gens quand elle voulait quelque chose, et il n’allait pas échapper à cette règle là. Elle finit sa tasse de café puis lâcha un soupir. Il était désespérant !




Dernière édition par Kaya S. Owens le Ven 17 Juin - 20:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « Dans ce monde largement pourri, c'est une chance, presque un luxe, de pouvoir compter sur quelqu'un. »   Ven 17 Juin - 15:18

    - D’accord. Laisses-moi deviner… Tu étais tellement malheureux que tu t’es réfugié dans un élevage de chèvre naine en montagne, et comme tu t’ennuyais, t’allais souvent parler aux boucs ? Tu as fait semblant d’avoir une maladie mentale, genre schizophrénie ? Tu… Tu… Pour gagner du fric, tu as joué dans des pornos amateurs ? Tu t’es enfui et t’es parti vivre un an dans la forêt amazonienne avec les indiens ? Tu t’es converti à une religion ? Tu t’es fait accepter dans une tribu Navarro ? Tu t’es travesti de nombreuses fois ? Tu as… Eu des gosses avec plusieurs femmes ? T’es hermaphrodite ? Zoophile ? Nécrophile ?... OK ! J’abandonne. T’es trop mystérieux pour moi.

    - Que… J’ai une tête de berger ?! Ou d’acteur porno ? Je vois que tu as une belle image de moi !

Fis-je avec un grand sourire. Elle revient à l’attaque, je dévie. Ah ça commençait à m’amuser ça…
Mais voyant comment elle était revenue à l’attaque, rien ne l’empêcherait de re-revenir charger. Autant dévier la conversation pour de bon.
    - Bon aller, on y va ? Ça fait un moment qu’on est là, et j’ai l’impression qu'on m'a fait une anesthésie du cul…

A cette phrase, j’éclatai de rire, comme un gamin. Toute mon élégance était là. Oui, j’arrivais à me faire rire tout seul. Et j’étais persuader que si on me lâcha seul, sur une ile déserte, sans nourritures, j’arriverais à me faire rire, tout de même. Un vrai psychopathe. Parfois, je me posais des questions sur la composition de mes neurones. Je vidai mon café d’un trait, me sentant un peu plus réveillé qu’auparavant. O joie ! Fini l’état zombie. Pour l’instant. Je sentais que je n’allais pas tarder à replonger dans cette phase, dans quelques heures. Et bien tant pis, je prendrais un autre café, quitte à passer le reste de ma journée aux toilettes. Aller Bow, cette fois, ce soir tu te couches tôt.
Je me levai de ma chaise, et paya l’addition. La mienne, et celle de Kaya. Eh oui, les Anglais sont de purs gentlemen. Une fois dehors, le froid m’envahit. Et oui, on avait beau être en Californie, le mois de septembre n’était pas si chaud que ça. Enfin, c’était toujours mieux que le climat d’Angleterre. « En Grande-Bretagne, il ne pleut qu’une fois. Pendant 365 jours. » Rien de plus vrai que cette phrase. Quoi qu’une bonne pluie ne ferait pas de mal à cette ville.
En sortant, la main de Kaya effleura la mienne. Ce n’était qu’un effleurement. Mais cela eu l’effet d’une électrocution, dans tout le corps. Suivit d’une vague de chaleur. Non Bow, ne me dit pas que tu craques sur elle… C’est une élève, merde ! Refait pas la même erreur. Le truc, c’est que je n’étais pas le genre de personne à retenir les leçons de ses erreurs passées. Au moment où je levai les yeux vers Kaya, celle-ci les baissa vers son téléphone, qui sonnait. Elle pinça les lèvres en découvrant le nom de l’appelant, affiché sur l’écran, s’excusa, et décrocha. Sans s’éloigner. Ce que j’entendis me fit retomber ma bonne humeur.

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    « Et alors il s’est passé quelque chose.
    Je me suis laissé aller, dans un total oubli
    de moi-même, envahi par la nuit, le silence,
    et la plénitude. J’avais trouvé la liberté.
    Perdre tout espoir, c’était ça la liberté. »

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MessageSujet: Re: « Dans ce monde largement pourri, c'est une chance, presque un luxe, de pouvoir compter sur quelqu'un. »   Ven 17 Juin - 16:11

    Que… J’ai une tête de berger ?! Ou d’acteur porno ? Je vois que tu as une belle image de moi !

Kaya explosa de rire. Bah… Il ne voulait pas lui dire, alors elle faisait des hypothèses. Débiles, oui. Mais bon, personne n’était parfait.
    Bon aller, on y va ? Ça fait un moment qu’on est là, et j’ai l’impression qu'on m'a fait une anesthésie du cul…

Il se mit à rire… Tout seul. Kaya sourit. Un fou, un vrai, un pur. Elle adorait ça plus que tout. Ils se levèrent, et il alla payer l’addition, avant qu’elle n’ait eu le temps de dire quoique ce soit. Quand elle lui avait dit « je t’offre le café » ce n’était pas pour rien, merde ! Foutu gentlemen à la con. Après tout ce qu’elle lui avait fait subir, elle aurait bien aimé lui payé le café… Tant pis, elle le ferait une prochaine fois. Une fois à l’extérieur, elle prit soin de remettre sa veste. Le temps s’était un peu rafraîchit, et là, ça caillait sérieusement. Sa main effleura celle du surveillant. C’est à peine si elle l’avait senti, mais l’effet que ça lui faisait était bizarre… Elle ignorait ce que ça pouvait être, dans toute sa vie, ce genre de truc ne lui était jamais arrivé. Soudain, quelques mètres plus loin, son téléphone se mit à sonner et T.N.T d’AC/DC résonna. Le cœur de Kaya s’accéléra et elle s’empressa de baisser les yeux sur l’écran : Jaret. La jeune femme leva les yeux vers Boris, et s’excusa, avant de décrocher.
    J’espère que t’as une bonne excuse, ça fait deux jours que j’attends ! Je m’inquiète pour vous, moi.
    On est grands Kaya, on arrive à vivre, arrête de t’en faire pour rien.
    Grands… Je ne dirais pas ça, à ta place. Bon. Comment va Tyler ? Comment tu vas ? Il n’est pas à l’hôpital ? Il est où ? Tu fais quoi ? Tu…
    EH ! Arrête… Je ne comprends pas la moitié des trucs que tu me dis.
    Pardon. Ca va, toi ? Et Tyler ?
    Moi je vais bien. Et Tyler il… Ca va.
    Comment ça, « ça va » ?

Kaya avait l’intime conviction qu’il lui cachait quelque chose. Elle le connaissait par cœur. Et Jaret avait une voix bizarre… C’était louche, trop louche. Soudain, il y eu un bruit derrière le téléphone.
    OH ! UN POULET GEANT, AAAAAAAAAAH !
    Arrête tes conneries, merde ! Le téléphone fit un bruit bizarre.
    KAYAAAA ! Y’a… Y’a… Des poulets géants dans la maison, je vais mourir, sauve-muaaa !
    Tyler… ? Qu’est ce qu’il te prend ?!

La scène se passa très vite. Kaya commençait à comprendre qu’il était dans un état second, et ça lui faisait peur. Jaret devait être seul à la maison avec lui, vu l’heure. Soudain, un bruit sourd résonna dans son téléphone. Comme si quelque chose venait d’arriver. Et quelque chose d’assez grave, puisque malgré les « Allo ? » de Kaya, personne ne répondait.
    Ty… JARET ! C’était quoi ça ? Qu’est ce qu’il branle ?!
    C’est rien… Il est tombé, il s’est cogné la tête. Là il est par terre, et il rigole comme un attardé. Il est super flippant.
    Qu’est ce qu’il a prit ce coup-ci ?

Il n’y avait pas cinquante milles propositions, et Kaya avait déjà comprit. Elle entendait son frère, complètement shooté, rire, un peu sadiquement sur les bords. En fait, sa crise de fou-rire couvrait tous les autres sons. Jaret soupira bruyamment.
    Il me fatigue…Il s’est amusé à prendre des champignons hallucinogènes avec des copains pendant que je ne le surveillais pas. Là, il saigne abondamment de la tête, mais ça le fait rire… Merde ! Désolé Kaya, va vraiment falloir que je te laisse… Arrête Tyler !... Il va finir par se tuer ce con là ! Le bruit se stoppa quelques secondes.
    … Jaret ?

Son frère venait de raccrocher. Kaya secoua la tête, en regardant l’écran de son téléphone. Ils cherchaient à la tuer. Elle se laissa choir sur un banc derrière elle, la tête dans les mains. Puis, elle releva la tête vers le surveillant, toujours devant elle.
    Excuse-moi. Mon abruti de frère s’est apparemment ouvert la tête en tombant. Ca me fatigue.

Inutile de préciser qu’il était complètement stone. Elle espérait tout de même qu’il n’avait pas tout entendu… L’état de Tyler faisait tellement pitié. Kaya espérait qu’il allait bien. Jaret avait raccroché trop vite, elle n’avait à peine eu le temps de lui parler. En tout cas, il y avait urgence. La jeune femme était décidé à partir d’ici très vite, parce que si ça continuait comme ça, Tyler finirait par mourir. Et pire, c’est qu’il était capable de crever d’autre chose qu’une simple overdose. Elle était désespérée pour lui. Toutefois, elle devait montrer qu’elle n’était pas trop affectée par l’état de son frère. C’était pourquoi elle tenta un sourire. Sans trop de conviction, malheureusement.

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MessageSujet: Re: « Dans ce monde largement pourri, c'est une chance, presque un luxe, de pouvoir compter sur quelqu'un. »   Dim 19 Juin - 23:36

    - J’espère que t’as une bonne excuse, ça fait deux jours que j’attends ! Je m’inquiète pour vous, moi… Grands… Je ne dirais pas ça, à ta place. Bon. Comment va Tyler ? Comment tu vas ? Il n’est pas à l’hôpital ? Il est où ? Tu fais quoi ? Tu…Pardon. Ça va, toi ? Et Tyler ? Comment ça, « ça va » ?

Elle semblait de plus en plus inquiète. Soudain, des hurlements retentirent. Tellement forts que je pu entendre. Une voix d’homme, Tyler, son frère.

    - OH ! UN POULET GEANT, AAAAAAAAAAH !
    - Arrête tes conneries, merde !
    - KAYAAAA ! Y’a… Y’a… Des poulets géants dans la maison, je vais mourir, sauve-muaaa !
    - Tyler… ? Qu’est-ce qu’il te prend ?!

Je la regardai d’un air interrogateur. Ce qu’elle ne remarqua pas. Elle fixait ses chaussures, sourcils froncés. Déjà ailleurs.

    - Ty… JARET ! C’était quoi ça ? Qu’est-ce qu’il branle ?! … Qu’est-ce qu’il a prit ce coup-ci ?

Elle marqua une pause, puis lança un « Jaret ? » avant de décoller son téléphone de son oreille, un air incrédule sur son visage.
    - Excuse-moi. Mon abruti de frère s’est apparemment ouvert la tête en tombant. Ça me fatigue.

Dit-elle avant de sourire. Un mince sourire. Un sourire horriblement faux. Elle était tellement… mignonne quand elle souriait comme ça. Ce sourire embarrassé ne lui ressemblait tellement pas, que ça en devenait touchant. Puis, sans même réfléchir à ce que je faisais, j’entourais son visage de mes mains, et écrasa mes lèvres sur les siennes. Je collai mon corps au sien. Elle ne me repoussa pas. Et là, je vis toute ma vie défiler devant mes yeux. Ma naissance, mon premier joint, tout…
… Haha. Non. Mais quand même, ce baiser m’avait fait beaucoup plus d’effets que n’importe quel autre baiser que j’ai pu donner en trente-deux ans d’existence. Dont dix-huit années sexuellement actives. Et oui, j’étais du genre précoce. Un vrai tombeur, que voulez-vous… Je me reculai, mes yeux plongés dans les siens.

    -Je te dirais bien que je suis désolé pour ce malencontreux baiser, mais… Encore faudrait-il que je le sois. En fait, je suis même terriblement fier. Fis-je en affichant un genre de sourire qui donne envie de foutre une baffe. Je sais que ça ne tombe pas vraiment bien, mais… Je dois te dire que, putain, tu me rends dingue ! Ok, ça fait… Une heure, voire deux tout au plus, qu’on se connait. Mais quelqu’un m’a dit qu’on devrait toujours dire avant, l'importance que les gens prennent, tant qu'il est encore temps... Je sais que si quelqu’un nous voyait, je pourrais avoir de graves emmerdes, là. Mais… Tu sais, la vie devient une chose délicieuse aussitôt qu’on commence à ne plus la prendre au sérieux. Alors, pourquoi ne pas jouer avec le feu ?


Un grand sourire traversa mon visage. Un vrai. Un sourire de bonheur. Le vrai. Putain, ça faisait longtemps que je n’avais pas été heureux comme ça. Heureux sans raisons, sans seringues plantée dans le bras. L’amour rend niai, putain.


(Ouais, bon... Je viens de regarder un film à l'eau de rose. Et en plus, je galérais à répondre. On remplit avec ce qu'on a... 8D)

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    « Et alors il s’est passé quelque chose.
    Je me suis laissé aller, dans un total oubli
    de moi-même, envahi par la nuit, le silence,
    et la plénitude. J’avais trouvé la liberté.
    Perdre tout espoir, c’était ça la liberté. »

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